Le 25 août 2026, deux ministres néerlandais ont envoyé une réponse au Parlement dont la portée dépasse largement les frontières nationales. La reprise du plus grand producteur de l’expérience cannabique néerlandaise par un groupe détenu à environ 41 pour cent par le géant du tabac Altria ne peut pas être empêchée selon le droit en vigueur. La raison n’en est pas une négligence de certaines autorités, mais une lacune entre deux cadres réglementaires qui n’ont jamais été construits l’un pour l’autre.
📑 Inhaltsverzeichnis
- Une serre à Voorne aan Zee et 57,5 millions d’euros
- Ce que le cabinet répond à douze questions
- L’article 5.3 de la convention de l’OMS sur le tabac ne s’applique pas ici
- La consolidation a déjà commencé
- Ce que l’Allemagne et la Suisse peuvent en apprendre
- Questions fréquemment posées
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Une serre à Voorne aan Zee et 57,5 millions d’euros
CanAdelaar a été fondée en 2018 et gère à Voorne aan Zee, l’ancien Hellevoetsluis, environ 50 000 mètres carrés de surface de serre. L’exploitation détient la plus grande part de marché et approvisionne presque tous les coffeeshops participants. Le chiffre d’affaires est passé de 17,7 millions de dollars en 2024 à 47,3 millions l’année suivante.
Le 9 décembre 2025, le groupe canadien Cronos Group a annoncé la reprise pour 57,5 millions d’euros. Le directeur général Mike Gorenstein a parlé d’une présence stratégique en Europe. Cronos est elle-même détenue à environ 41 pour cent par Altria, le groupe derrière Philip Morris USA et donc derrière la marque Marlboro sur le marché américain. Le délai de conclusion a depuis été prolongé au 9 septembre 2026, notamment en raison d’un examen Bibob en cours.
Ce que le cabinet répond à douze questions

Les députés CDA Krul et Van den Brink avaient soumis douze questions. La ministre de la Santé Hermans et le ministre de la Justice Van Weel ont répondu le 25 août. La phrase centrale est formulée sobrement et pourtant d’une portée considérable. Le cadre légal ne contient aucune disposition qui exclut la participation en fonction des antécédents des actionnaires.
Le cabinet cite l’examen Bibob comme instrument de contrôle. Il se déroule tous les deux à trois ans, et une modification de la structure de propriété peut constituer une raison de mener une nouvelle enquête. Cet examen vise toutefois l’intégrité et le risque d’implication criminelle. Les considérations de politique sanitaire n’en font expressément pas partie. Il ne peut donc rien contre les intérêts commerciaux d’une entreprise de tabac fonctionnant de manière tout à fait légale.
Le gouvernement renvoie par ailleurs aux mesures de protection existantes telles que l’interdiction de la publicité et les exigences en matière d’emballage. Il rejette les règles renforcées. Le fait que des députés demandent par voie de questions la surveillance d’un jeune marché régulé n’est pas une particularité néerlandaise, comme l’ont montré récemment les questions de neuf parlementaires sur les licences Infarmed au Portugal.
L’article 5.3 de la convention de l’OMS sur le tabac ne s’applique pas ici

Pour le tabac, il existe un instrument international qui régit précisément ce cas. L’article 5.3 de la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac oblige les États parties à protéger leur politique de santé contre les intérêts commerciaux de l’industrie du tabac. Les Pays-Bas et l’Allemagne sont tous deux parties contractantes.
Le cabinet constate maintenant que cette disposition ne s’applique pas au cannabis. Parce que le cannabis reste illégal selon la loi sur l’opium, les dispositions relatives au tabac ne s’appliquent pas non plus. Ainsi, un produit fumable tombe entre les deux régimes. Ce n’est pas du tabac, donc le droit du tabac ne s’applique pas. C’est une drogue, donc le droit des stupéfiants s’applique, et celui-ci ne connaît pas de clause concernant le propriétaire.
Cette lacune n’est pas une erreur de certains fonctionnaires. Les deux cadres réglementaires se sont développés indépendamment, à des décennies d’intervalle et sans se regarder. Ce n’est que lorsqu’un État régule effectivement la production qu’ils se rencontrent. Il s’avère alors que personne n’avait envisagé ce cas.
La consolidation a déjà commencé
Dix producteurs ont été désignés par tirage au sort, et tous ont dû réussir l’examen Bibob. Le tirage au sort devait empêcher que la puissance du capital ne décide de l’accès. Il ne régit toutefois que l’entrée dans l’expérience, pas la vente ultérieure de parts.
CanAdelaar ne serait pas non plus la première exploitation sous contrôle nord-américain. Leli Holland appartient à Village Farms, une entreprise cotée au Nasdaq. Sur dix producteurs, deux seraient ainsi sous le contrôle de groupes cotés en bourse d’outre-mer. Pour une expérience censée tester une chaîne d’approvisionnement fermée et gérable, il s’agit d’un changement remarquable. Nous avons décrit comment l’expérience était initialement conçue lors du démarrage de la phase de vente dans les coffeeshops participants.
Il y a aussi un différend local. La commune de Voorne aan Zee exige une adaptation de l’exploitation en raison de la nuisance olfactive et s’est adressée aux ministères compétents. Le plus grand producteur de l’expérience fait donc l’objet de pressions de deux côtés.
Ce que l’Allemagne et la Suisse peuvent en apprendre

En Allemagne, la loi sur le cannabis de consommation ne régit jusqu’à présent que la voie non commerciale. Les associations de producteurs ne peuvent pas faire de profit, ce qui rend la question du propriétaire de parts simplement inapplicable. Les associations elles-mêmes demandent maintenant une limite claire entre usage médical et usage de consommation, ce qui aiguise davantage le débat sur les structures commerciales.
La situation serait différente pour les projets pilotes régionaux, qui étaient prévus en tant que deuxième pilier de la légalisation et n’ont toujours pas été mis en œuvre. Un projet pilote commercial n’aurait pas de restriction comparable au droit des associations. Qui peut y détenir des parts devrait figurer dans le texte de la loi et non apparaître seulement dans un appel d’offres.
La Suisse mène ses essais par le biais d’organismes publics et à but non lucratif, ce qui a permis au circuit légal d’y évincer le marché noir, sans implication d’investisseurs. La question de la propriété revient au moment où une expérience devient un marché.
L’enseignement tiré de La Haye est donc facile à formuler et difficile à mettre en œuvre. Les clauses concernant la propriété doivent figurer dans la loi elle-même. Celui qui veut les introduire après coup doit intervenir dans un contrat en cours. Inversement, chaque investisseur court un risque politique, car une seule décision réglementaire peut dévaluer un segment de marché en quelques mois. L‘interdiction du chanvre fumable au Tennessee en est l’exemple le plus récent.
Questions fréquemment posées
Qu’est-ce que l’expérience néerlandaise de cannabis ?
L’essai avec une chaîne fermée de coffeeshops s’est déroulé depuis le 15 décembre 2023. Dix communes participent, notamment Breda, Tilburg, Maastricht et Groningen, avec environ 71 coffeeshops. Depuis le 7 avril 2025, ces établissements ne peuvent vendre que du cannabis produit selon la réglementation. L’évaluation finale est prévue pour 2027.
Pourquoi la reprise de CanAdelaar est-elle si controversée ?
CanAdelaar est le plus grand des dix producteurs autorisés et approvisionne presque tous les coffeeshops participants. L’acheteur est le groupe canadien Cronos Group, détenu à environ 41 pour cent par le groupe de tabac Altria. Cela donnerait à l’industrie du tabac un accès indirect au principal fournisseur d’un marché du cannabis contrôlé par l’État.
Que dit l’article 5.3 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac ?
La disposition oblige les États parties à protéger leur politique de santé contre les intérêts commerciaux de l’industrie du tabac. C’est la raison pour laquelle, dans de nombreux pays, les sociétés de tabac sont exclues de la consultation sur les lois relatives à la santé. Selon l’opinion du cabinet néerlandais, elle ne s’applique toutefois pas au cannabis.
Le gouvernement de La Haye peut-il encore arrêter la reprise ?
La loi ne prévoit pas de blocage direct. Un nouvel examen Bibob reste possible, qui peut être déclenché en cas de modification de la structure de propriété. Il évalue toutefois l’intégrité et le risque d’implication criminelle. L’origine de politique sanitaire d’un investisseur ne fait pas partie de ses critères d’examen.
Un groupe de tabac pourrait-il aussi entrer en Allemagne ?
C’est exclu pour les associations de producteurs car elles ne peuvent pas fonctionner à but lucratif. La situation serait différente pour les projets pilotes commerciaux, qui n’ont jusqu’à présent pas été mis en œuvre politiquement. Sans une disposition explicite dans le texte de la loi, l’Allemagne non plus n’aurait aucun moyen légal contre certains actionnaires.
Sollten Tabakkonzerne am legalen Cannabismarkt beteiligt werden dürfen?
Sources : Réponses des ministres Hermans et Van Weel aux questions parlementaires des députés CDA Krul et Van den Brink du 25 août 2026 ; Cannabisindustrie.nl sur la reprise, le prix d’achat et le délai de conclusion prolongé ; Rijksoverheid sur les communes participantes à l’expérience ; Annonce du groupe Cronos du 9 décembre 2025.







































