Ce que les régions peuvent réellement décider en matière de cannabis
Avant chaque élection régionale, il est important de rappeler la répartition des compétences. Une légalisation complète relève de la compétence fédérale, et aucun parlement régional ne peut changer cela. Cependant, la marge de manœuvre des régions est plus importante que beaucoup ne l’imaginent. Elle concerne la gestion des associations de cultivateurs et la rigueur avec laquelle les autorités compétentes examinent les demandes. Elle touche aussi au droit du permis de conduire dans la pratique administrative, l’approbation des projets de drug-checking et les initiatives communales pour la distribution contrôlée. Ce sont précisément ces éléments qui déterminent si la loi sur la consommation de cannabis fonctionne dans la pratique ou si elle reste bloquée dans l’administration. L’écart entre les intentions et la réalité a été particulièrement visible lors de la première distribution d’autocultivation à la gare centrale de Berlin.
📑 Inhaltsverzeichnis
- Ce que les régions peuvent réellement décider en matière de cannabis
- Berlin : recommandation claire pour les Verts et la Gauche
- Mecklembourg-Poméranie : une analyse sans vainqueur
- Ce que cela signifie pour la politique du cannabis après le 20 septembre
- Questions fréquemment posées
- 💬 Fragen? Frag den Hanf-Buddy!
Berlin : recommandation claire pour les Verts et la Gauche
Berlin est actuellement gouvernée par une coalition CDU-SPD sous la direction du maire Kai Wegner. Lors du vote au Bundesrat sur la loi relative au cannabis, le Land s’est abstenu en raison de la SPD, ce qui a empêché la CDU berlinoise de bloquer la réforme. Onze associations de cultivateurs sont autorisées dans la capitale, et l’Office régional de la santé et des affaires sociales en assure la supervision. En matière de drug-checking, Berlin est pionnière, le projet datant de l’époque du gouvernement rouge-vert-rouge et se poursuivant même sous la coalition noire-rouge. La ville compte huit salles de consommation de drogues, dont cinq sont stationnaires.
Le Deutsche Hanfverband formule des recommandations électorales claires pour Berlin en faveur des Verts et de la Gauche. Les deux partis disposent d’un programme de politique des drogues solide et ont fourni des réponses convaincantes aux questions soumises. Le FDP reçoit une recommandation nuancée : bien que le cannabis ne figure pas explicitement au programme, les réponses aux questions se sont avérées systématiquement libérales. Le fait que les Libéraux ne présentent pas toujours une position unie sur la politique des drogues s’est déjà manifesté lors de la conférence du parti fédéral, lorsque le modèle portugais a été rejeté. Le SPD n’a pas figuré sur la liste de recommandation car le parti n’a pas du tout répondu aux questions soumises. Le Hanfverband recommande expressément d’éviter la CDU, le BSW et l’AfD, tous trois défendant une ligne restrictive.
Les assemblées de conseillers d’arrondissement, élues le même jour, revêtent aussi un intérêt particulier à Berlin. Neukölln, Friedrichshain-Kreuzberg et Pankow ont demandé des projets pilotes de distribution contrôlée du cannabis, comme Francfort et Hanovre. En votant dans ces arrondissements, les électeurs décident donc aussi si ces demandes seront politiquement poursuivies.
Mecklembourg-Poméranie : une analyse sans vainqueur
L’analyse pour la Mecklembourg-Poméranie est nettement plus décevante. Le Land est gouverné par la SPD et la Gauche sous la ministre-présidente Manuela Schwesig. La coalition rouge-rouge s’est abstenue au Bundesrat lors du recours à la commission de conciliation, permettant ainsi l’adoption de la loi. En 2024, elle a créé par ordonnance régionale la base juridique pour le projet de drug-checking de l’université de Rostock, relatif aux analyses de substances. Six associations de cultivateurs sont pour l’instant autorisées, l’Office régional de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de la pêche en assurant la supervision.
L’analyse électorale ne désigne aucun vainqueur ici. Le Hanfverband évalue les programmes électoraux comme désespérément faibles dans l’ensemble des partis, y compris ceux habituellement favorables à une politique des drogues progressive. Les Verts se limitent à des formules génériques dans leur programme, la Gauche en est complètement absente. Les deux partis compensent leurs lacunes par leurs réponses aux questions soumises, ce qui leur permet d’obtenir une recommandation restreinte. La SPD n’a pas répondu, pas plus que le BSW, laissant sa position sur le cannabis en suspens. La CDU et l’AfD rejettent clairement une ligne libérale, la CDU souhaitant même abroger la loi sur la consommation de cannabis. Que le cannabis fonctionne différemment dans les campagnes électorales n’est pas si lointain : en 2021, la légalisation était un thème de campagne offensif chez les Verts.
Ce que cela signifie pour la politique du cannabis après le 20 septembre
Ces constats correspondent à ce qui était déjà apparu lors de l’élection régionale en Saxe-Anhalt. Le cannabis a largement disparu des programmes régionaux depuis que la réforme a été décidée au niveau fédéral. C’est une fausse impression pour les consommateurs, les patients et les associations de cultivateurs, car les principaux points de friction se situent désormais dans l’administration. La durée d’une approbation, la façon dont le Land traite le droit de la construction et les distances réglementaires, l’expansion du drug-checking : tout cela est décidé par les gouvernements régionaux. Ceux qui votent le 20 septembre ne doivent donc pas tant prêter attention aux promesses de légalisation qu’à la manière dont les autorités traitent la situation juridique existante.
Questions fréquemment posées
Qu’exactement sont les questionnaires électoraux du Hanfverband ?
Avant les élections, le Deutsche Hanfverband envoie aux partis un catalogue fixe de questions sur la politique des drogues et du cannabis. Les réponses sont analysées conjointement avec le programme électoral et le travail parlementaire de la législature précédente. Si un parti ne répond pas, cela est explicitement noté dans l’analyse.
Un Land peut-il légaliser le cannabis de façon indépendante ?
Non, la loi sur la consommation de cannabis relève du droit fédéral. Les régions ne peuvent compléter que le cadre, par exemple concernant la pratique d’approbation des associations de cultivateurs, le droit du permis de conduire ou les projets pilotes. Un parlement régional ne peut donc ni légaliser ni revenir seul sur la légalisation partielle.
Qu’advient-il des projets pilotes communaux ?
Plusieurs villes et arrondissements de Berlin ont demandé des projets pilotes de distribution contrôlée. Que ces demandes soient poursuivies dépend à la fois du gouvernement fédéral et du soutien politique au niveau régional et local. Un changement de gouvernement peut donc accélérer ou étouffer de facto ces projets.
Pourquoi le Hanfverband évalue-t-il les programmes de façon aussi critique ?
Depuis la légalisation partielle, de nombreuses organisations régionales considèrent le sujet comme résolu. Dans les programmes électoraux en Mecklembourg-Poméranie, le cannabis n’apparaît pratiquement plus de manière concrète. Le Hanfverband considère cela comme un recul, car les problèmes pratiques de la loi doivent précisément être résolus au niveau régional.
Où trouver les analyses complètes ?
Le Deutsche Hanfverband publie les deux analyses électorales avec les évaluations individuelles des partis sur son site Web. En complément, il vaut la peine de consulter le Wahl-O-Mat et le site abgeordnetenwatch.de pour évaluer les positions des candidats directs dans votre propre circonscription.
Wie wichtig ist dir die Cannabis-Position einer Partei bei der Wahl?
Sources : Deutsche Hanfverband, analyse électorale pour l’élection à l’assemblée législative de Berlin le 20.09.2026 et analyse électorale pour l’élection régionale en Mecklembourg-Poméranie le 20.09.2026, tous deux du 11.09.2026, ainsi que DHV-News n° 521 du 11.09.2026.





































