Deux ans après une action de distribution à Halle, c’est établi : la question de savoir à partir de quand une bouture de cannabis est juridiquement une plante ne peut plus être clarifiée devant les tribunaux allemands. La Cour d’appel de Naumburg a rejeté le pourvoi fin août. Le Deutscher Hanfverband (Association allemande du chanvre) a annoncé le 10 septembre qu’il porterait l’affaire devant Karlsruhe. Pour tous ceux qui cultivent à domicile, bien plus qu’un simple détail juridique dépend de cette interprétation.
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Enjeux de la procédure

Le point de départ est un rassemblement du groupe local DHV Halle-Saalekreis du 22 juillet 2024. Des boutures y ont été distribuées, et la police en a saisi 117. Le parquet ne les a pas classées comme matériel de multiplication, mais comme des plantes de cannabis. C’est précisément là que réside le désaccord. La loi sur la consommation de cannabis (KCanG) distingue à l’article 1 entre la plante de cannabis d’un côté et les graines ainsi que le matériel de multiplication de l’autre. La limite supérieure de trois plantes en culture personnelle s’applique uniquement à la première catégorie. Celui qui enracine des boutures pour en sélectionner trois par la suite se meut donc, selon l’interprétation retenue, dans la légalité ou en territoire pénal.
Les tribunaux s’appuyaient jusqu’à présent sur le commentaire de Patzak et Fabricius, selon lequel la bouture devient un semis dès qu’elle est placée dans un substrat. Le terme « semis » n’apparaît cependant pas dans la loi. La position contraire est notamment défendue par des avocats pénalistes qui invoquent la pratique horticole : une tige non enracinée ou fraîchement plantée n’est pas une plante autonome, mais du matériel de multiplication, jusqu’à ce qu’elle ait développé des racines. L’incohérence de la jurisprudence s’est déjà manifestée en juin avec une décision où le tribunal administratif de Cologne a tracé la frontière entre bouture et jeune plante.
Trois instances, le même résultat
Le tribunal d’instance de Halle a condamné l’accusée en septembre 2025 à une amende de 560 euros. Cette condamnation n’était pas un revers pour la campagne, mais une étape prévue pour pouvoir porter la question juridique devant une instance supérieure. Dans son jugement écrit, le tribunal a classé les boutures comme des semis uniquement parce qu’elles se trouvaient dans un substrat. Il est remarquable que le parquet lui-même ait interjeté appel. Le tribunal régional de Halle a confirmé en mars 2026 la ligne de première instance, et le tribunal d’appel de Naumburg a rejeté le pourvoi le 26 août 2026 comme infondé. Ainsi, toutes les voies de recours ordinaires sont épuisées et la route vers le recours constitutionnel est libre.
L’association estime les frais de procédure jusqu’à présent à 8 450 euros, et les coûts totaux prévus à environ 18 550 euros. La campagne de procès est financée par une action de collecte de dons. Le fait que les procédures pénales relatives au cannabis s’éternisent en Allemagne et deviennent une scène politique n’est pas nouveau. Cela a été démontré par les poursuites prolongées du parquet contre un juge favorable à la légalisation tout autant que par des enquêtes farfelues où une simple photo sur les réseaux sociaux suffisait pour déclencher une procédure.
Pourquoi la réponse compte pour les cultivateurs amateurs

L’importance pratique est considérable. Celui qui cultive à domicile étouffe généralement plus de clones qu’il n’en a besoin, car tous ne prennent pas et parce que les plantes mâles doivent être éliminées. Si chaque tige enracinée compte immédiatement comme une plante entière, la limite de trois plantes est pratiquement impossible à respecter. Les associations de cultivation et les revendeurs qui sont autorisés à distribuer du matériel de multiplication sont également concernés. La question du stade de développement à partir duquel compter reste ouverte. Cela rend la culpabilité dépendante du pouvoir discrétionnaire du parquet compétent. Celui qui veut s’informer à l’avance trouvera les différences entre les deux approches dans notre comparaison pratique entre boutures et graines.
Une décision de Karlsruhe n’est pas à attendre à court terme. Les recours constitutionnels prennent du temps, et le tribunal ne retient pas chaque dossier pour examen. S’il y avait une décision au fond, elle aurait cependant des répercussions bien au-delà de cette affaire. En attendant, il ne reste aux cultivateurs amateurs que la variante prudente : se fier à l’interprétation la plus stricte et compter les boutures enracinées.
Questions fréquentes
Combien de plantes de cannabis puis-je cultiver à domicile ?
La loi sur la consommation de cannabis autorise les adultes à cultiver jusqu’à trois plantes en fleur simultanément au domicile. Cette limite supérieure ne s’applique pas aux graines et au matériel de multiplication selon le libellé de la loi. C’est précisément cette distinction qui est contestée dans la procédure de Halle.
Une bouture compte-t-elle comme une plante au sens de la loi ?
Les instances précédentes ont répondu par l’affirmative dès que la bouture est placée dans un substrat. Le Hanfverband et plusieurs avocats pénalistes considèrent cela comme peu réaliste, car une tige fraîchement plantée n’a pas encore de racines. Une clarification par la cour constitutionnelle est en attente.
Que signifie le rejet du pourvoi ?
Le tribunal d’appel a confirmé la condamnation sans réévaluer différemment la question juridique. Pour l’accusée, le jugement est désormais définitif. Formellement cependant, cette ordonnance n’ouvre la voie au recours constitutionnel que parce que toutes les voies de recours ordinaires doivent d’abord être épuisées.
Comment les cultivateurs amateurs devraient-ils procéder en attente d’une décision ?

Tant que la question reste ouverte, une interprétation prudente est recommandée. Celui qui multiplie plus de clones qu’il ne souhaite en conserver devrait éliminer les plants excédentaires tôt. La documentation du stade de développement peut également, en cas de besoin, aider à établir que le matériel est classifiable comme matériel de multiplication.
Qui assume les frais de procédure ?
La campagne de procès est financée par les dons. Selon l’association, 8 450 euros ont été engagés jusqu’à présent, et les frais totaux pourraient atteindre 18 550 euros. La personne condamnée doit en outre s’acquitter de l’amende elle-même.
Sollten Stecklinge im KCanG als Vermehrungsmaterial gelten?
Sources : Deutscher Hanfverband, page de campagne sur les procès modèles KCanG mise à jour au 26.08.2026, ainsi que DHV-News n° 521 du 11.09.2026.






































