La CSSS-N renvoie le projet à une sous-commission
L’initiative parlementaire 20.473, déposée par Heinz Siegenthaler, vise depuis plus de cinq ans à créer un cadre juridique pour une distribution contrôlée de cannabis aux adultes en Suisse. Après la consultation, le projet révisé était en cours d’examen auprès de la CSSS-N. Début mai, la commission a décidé de ne pas le soumettre au plénum, mais de charger une sous-commission de sa révision. Justification : la consultation a suscité de nombreuses demandes de modifications qui doivent être intégrées avant qu’une majorité ne soit possible.
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Dans la procédure parlementaire, le renvoi à une sous-commission est un outil courant lorsque la profondeur technique d’un projet exige un groupe de discussion plus restreint et approfondi. Politiquement, cela signifie cependant régulièrement : des mois supplémentaires sans décision. Pour les projets pilotes en cours à Bâle, Berne, Bienne, Lausanne, Lucerne, Vernier et Zurich, cela signifie que le travail se poursuit sur la base des autorisations spéciales existantes, tandis qu’une véritable solution de droit fédéral fait toujours défaut.
IG Hanf Suisse demande des solutions de transition contraignantes
L’association professionnelle IG Hanf Suisse réagit au renvoi en critiquant fortement la vitesse politique. Dans un communiqué, elle demande des solutions de transition contraignantes pour les projets pilotes en cours, un calendrier clair pour la suite de la procédure et des alternatives légales pratiques pour lutter contre le marché noir. Chaque retard supplémentaire complique les investissements planifiables et mine la confiance des acteurs dans le processus de régulation, affirme l’IG.
Ces demandes sont justifiées par le constat que les projets pilotes ont fourni au fil des années des données essentielles pour la discussion réglementaire. Les pilotes suisses ont montré qu’une distribution contrôlée peut réduire le marché noir sans que la consommation globale n’augmente. Nous avons déjà rapporté en avril comment le projet pilote suisse du cannabis repousse visiblement le marché noir. Si le cadre législatif n’intervient pas, ces connaissances risquent de s’évaporer politiquement.
La voie suisse sous pression temporelle
Le contexte politique a considérablement changé depuis le dépôt de l’initiative en 2020. L’Allemagne a permis en 2024 l’auto-culture et les associations de culture via sa loi sur le cannabis, la Tchéquie travaille à un marché régulé, et plusieurs États de l’UE examinent des projets pilotes. La Suisse, longtemps pionnière avec ses essais pilotes scientifiquement encadrés, risque maintenant de prendre du retard en termes de tempo réglementaire. Alors que Zurich prolonge son projet pilote Züri Can jusqu’en 2028, un modèle de transition vers un marché légal ordonné manque toujours au niveau fédéral.
Sur le plan du contenu, le débat à la CSSS-N tourne autour de plusieurs points ouverts. Les questions controversées incluent notamment la publicité et la promotion des ventes, l’implication des cantons dans la délivrance des licences, la protection des jeunes ainsi que les interfaces avec l’aide à la dépendance et la prévention. Pour chacun de ces thèmes, la consultation a produit des propositions poursuivant parfois des directions opposées. La sous-commission doit en former une proposition consensuelle.
Que se passe-t-il jusqu’à la prochaine délibération ?
Jusqu’à ce qu’un nouveau projet revienne à la CSSS-N, le statu quo perdure. Les projets pilotes fonctionnent selon les autorisations spéciales en vigueur, la vente en pharmacies suisses reste limitée au cannabis médical, et le marché du CBD opère dans la zone grise régulièrement critiquée par la recherche suisse. Pour l’industrie allemande du cannabis, le retard suisse est bien plus qu’une note en marge. Les acteurs suisses fournissent des résultats d’études, des modèles réglementaires et, dans certains cas, une expérience de production qui s’intègrent dans les discussions au niveau DACH.
Le moment où la sous-commission achèvera ses travaux reste incertain. Un nouvel examen à l’automne 2026 est réaliste, éventuellement seulement au début de 2027. Par la suite, le Conseil national et les États-Unis devraient adopter le projet avant qu’une deuxième étape ne définisse le cadre opérationnel par ordonnance. Il faudra encore plusieurs années avant qu’un marché légal régulé pour les adultes existe réellement. Jusqu’alors, les projets pilotes et le marché noir continueront à coexister.
Questions fréquemment posées
Qu’est-ce que l’initiative parlementaire Siegenthaler 20.473 ?
L’initiative a été déposée en 2020 par l’ancien conseiller national Heinz Siegenthaler et vise à créer la base légale pour une distribution contrôlée de cannabis aux adultes en Suisse. Elle est la base du projet de loi actuellement examiné par la CSSS-N.
Que signifie le renvoi à une sous-commission ?
Le projet est révisé de manière plus détaillée dans une commission plus restreinte de la CSSS-N, avant de retourner à la commission plénière puis au plénum. Sur le plan du contenu, le renvoi signifie que les points de litige centraux de la consultation doivent être réorganisés.
Quel est l’impact du retard sur les projets pilotes en cours ?
Les projets pilotes à Bâle, Berne, Bienne, Lausanne, Lucerne, Vernier et Zurich se poursuivent sur la base d’autorisations spéciales limitées dans le temps. Des règles de transition contraignantes vers un système ordonné au niveau fédéral manquent toujours. L’IG Hanf Suisse demande donc explicitement des solutions de transition.
Comment la Suisse se compare-t-elle à l’Allemagne ?
L’Allemagne a autorisé depuis 2024 l’auto-culture et les associations de culture via sa loi sur le cannabis et a créé une loi propre sur le cannabis médical. La Suisse continue à travailler avec des projets pilotes limités dans le temps et un marché du CBD juridiquement étroit. Pour la transition vers un marché légal ordonné pour les adultes, la Suisse accuse du retard sur l’Allemagne.
Quand peut-on s’attendre à une décision ?
Un horizon temporel réaliste pour le prochain examen à la CSSS-N est l’automne 2026 ou le début 2027. Suivront ensuite les débats au Conseil national et aux États-Unis ainsi qu’une ordonnance d’exécution. Il faut prévoir encore plusieurs années avant qu’un marché régulé ne démarre réellement.
Sources : Hanfjournal du 9 mai 2026 ; Communiqué IG Hanf Suisse ; Communication de commission de la CSSS-N relative à l’initiative Pa. 20.473.










































