La réforme de 2022 n’a déplacé que le goulot d’étranglement
Avant la réforme, il fallait obtenir une autorisation exceptionnelle de l’Office fédéral de la santé pour chaque traitement. Cette procédure était lente et bureaucratique, limitant le nombre de médecins traitants. Avec la suppression du droit d’autorisation, la décision repose désormais exclusivement sur la médecin ou le médecin traitant.
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C’est justement là que le bât blesse. La responsabilité a été déléguée, mais les connaissances nécessaires ne l’ont pas été. L’association MEDCAN reçoit chaque semaine de nombreuses demandes de patients qui ne trouvent simplement aucun médecin prescripteur. Le cannabis comme médicament ne figure toujours pas au programme standard de la formation médicale, et nombreuses sont les pratiques qui redoutent la charge administrative.
La question du remboursement détermine la thérapie
Encore plus grave : le financement. Une ordonnance en Suisse ne signifie pas une prise en charge automatique. Selon le diagnostic, le médicament et l’assureur, les frais sont couverts par l’assurance-maladie obligatoire, une assurance complémentaire, ou pas du tout. Une prise en charge durable sur plusieurs années est rare.
Pour les personnes atteintes de maladies chroniques, cela représente une charge financière considérable. Elles financent souvent leur traitement pendant de longues périodes, bien qu’il soit prescrit par un médecin. Ceux qui ne peuvent pas se le permettre interrompent le traitement ou trouvent des alternatives. Ce n’est pas un problème marginal, mais il concerne des indications typiques comme les douleurs chroniques, la spasticité dans la sclérose en plaques ou les nausées sévères pendant la chimiothérapie. Notre article sur le cannabis contre le syndrome du thalamus montre à quel point certaines pathologies peuvent être liées à une thérapie au cannabis.
Ce que demande la représentation des patients
MEDCAN énumère quatre points clés. Il faut davantage de connaissances médicales sur les thérapies au cannabis, un accès plus facile aux médecins prescripteurs, des décisions transparentes et compréhensibles de la part des assureurs, ainsi qu’une plus grande prise en compte de l’expérience des patients et patientes.
Le cœur de ces revendications est une règle contraignante concernant la prise en charge des coûts. Tant que chaque assurance décide au cas par cas, l’accès au traitement reste une question de domicile, d’assureur et de persévérance personnelle. Cette question accompagne le secteur du chanvre suisse depuis des années, comme l’a montré une assemblée générale de l’IG Hanf.
Deux chantiers qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre
Il est remarquable de voir comment les secteurs médical et réglementaire se développent indépendamment en Suisse. En matière d’essais pilotes pour la consommation récréative, le pays est en tête au niveau international. Le projet pilote suisse de cannabis montre qu’un marché légal éclipse le marché noir, et Saint-Gall mène un essai pilote avec livraison par la poste.
Au niveau législatif, en revanche, la progression est lente. La commission compétente a renvoyé la proposition de régulation du cannabis à la sous-commission. Pour les patients et patientes, cela ne change guère de toute façon, car leurs problèmes ne relèvent pas du droit des stupéfiants, mais du droit des assurances-maladie. C’est justement cette séparation qui est souvent oubliée dans le débat.
Questions fréquemment posées
Qui peut prescrire du cannabis médical en Suisse ?
Depuis le 1er août 2022, tous les médecins agréés peuvent prescrire des médicaments à base de cannabis. Une autorisation exceptionnelle de l’Office fédéral de la santé n’est plus nécessaire. La décision repose sur le pouvoir discrétionnaire légitime du médecin traitant.
L’assurance-maladie couvre-t-elle les frais ?
Pas automatiquement. La prise en charge n’est pas uniformément réglementée et dépend du diagnostic, du médicament et de l’assureur. Selon le cas, l’assurance-maladie obligatoire, une assurance complémentaire ou aucun remboursement n’intervient. Une prise en charge durable sur plusieurs années est l’exception.
Pour quelles maladies le cannabis est-il prescrit ?
Il s’agit souvent de douleurs chroniques, de spasticité liée à la sclérose en plaques ou de nausées sévères pendant la chimiothérapie. Il n’existe pas de liste législative exhaustive des indications. La prescription peut être envisagée lorsque les thérapies conventionnelles sont insuffisamment efficaces ou ont des effets secondaires très lourds.
Pourquoi les patients ont-ils tant de mal à trouver un médecin prescripteur ?
Les thérapies au cannabis sont à peine ancrées dans la formation et la formation continue médicales. De nombreuses pratiques ont donc peu d’expérience en matière de posologie, de choix des médicaments et de documentation. S’ajoute à cela la charge administrative supplémentaire liée à la clarification de la question du financement avec l’assureur.
L’essai pilote suisse a-t-il un lien avec le cannabis médical ?
Non, les essais pilotes concernent exclusivement la consommation récréative d’adultes et fonctionnent selon leurs propres règles. L’approvisionnement médical suit un cadre juridique séparé comprenant la prescription médicale et le droit des assurances-maladie. Les connaissances tirées des essais pilotes n’améliorent donc pas automatiquement l’accès au traitement pour les patients et patientes.
Sources : Hanfjournal, Association MEDCAN, Office fédéral de la santé (Modification de la loi sur les stupéfiants du 1er août 2022).





































