Du contrôle au retrait du permis
Le tribunal administratif de Berlin a rejeté le 23 juillet 2026 un recours contre le retrait d’un permis de conduire. La décision de la 11e chambre (VG 11 L 401/26) répond à une question qui préoccupe de nombreux consommateurs depuis la légalisation partielle du cannabis. Une consommation légale ne protège pas des doutes concernant l’aptitude à la conduite.
📑 Inhaltsverzeichnis
Les faits sont clairs et pour cette raison particulièrement instructifs. Lors d’un contrôle routier en février 2025, un taux de THC de 47,8 nanogrammes par millilitre de sérum sanguin a été mesuré chez l’intéressé. C’est environ quatorze fois la limite légale d’effet de 3,5 nanogrammes.
De la violation à la décision administrative
Après le contrôle, l’autorité compétente a ordonné un examen médico-psychologique pour clarifier les doutes sur l’aptitude à la conduite. L’intéressé n’a pas produit l’expertise. L’autorité lui a alors retiré son permis de conduire avec effet immédiat.
Cet ordre des événements est le point décisif. Le permis ne s’est pas perdu à cause de la conduite sous influence de cannabis, mais à cause du non-dépôt de l’examen médico-psychologique. Selon l’article 11, paragraphe 8 du règlement sur le permis de conduire, l’autorité peut conclure à l’inaptitude si une expertise légalement ordonnée n’est pas fournie. Quiconque ignore cette ordonnance perd ainsi de facto la possibilité de prouver son aptitude.
Pourquoi le tribunal a considéré l’ordonnance comme légale

Contrairement à l’alcool, il n’existe pas de valeur fixe pour le cannabis à partir de laquelle un examen doit impérativement être ordonné. Pour l’alcool, le règlement fixe la limite à 1,6 g/l. Pour le cannabis, l’article 13a du règlement sur le permis de conduire utilise plutôt le concept d’abus de consommation.
Selon la version en vigueur depuis le 1er avril 2024, la consommation est abusive lorsque la consommation et la conduite ne peuvent pas être séparées de manière suffisamment sûre. Le tribunal a estimé que ce critère était satisfait. La valeur mesurée dépassait largement les niveaux considérés comme inoffensifs par les sociétés spécialisées en médecine et psychologie du trafic. Une valeur aussi élevée indique une consommation fréquente ou chronique, ce qui signifie que la séparation entre consommation et conduite n’est plus garantie.
L’ordonnance est arrivée trop tard

Un autre aspect de la procédure mérite d’être relevé. L’intéressé s’est appuyé sur une prescription de cannabis médical datant toutefois de 2026. Le tribunal n’a pas accepté cet argument, car une prescription ultérieure ne peut pas justifier rétroactivement une consommation de 2025.
Cette clarification est importante pour les patients. Le soi-disant privilège des médicaments ne protège que si la thérapie était déjà prescrite médicalement au moment de la conduite et a été prise conformément aux indications. Une prescription rétroactive ne régularise pas une situation antérieure. En tant que patient conduisant une voiture, il faut connaître les règles que nous avons résumées dans notre aperçu de Cannabis et circulation routière 2026.
Ce que cette décision signifie pour les consommateurs

Cette décision est une ordonnance de référé et non pas un jugement au fond. Un pourvoi auprès de la cour administrative d’appel Berlin-Brandebourg est possible. Néanmoins, elle montre la tendance qui se dessine dans la jurisprudence administrative depuis la loi sur le cannabis de consommation.
Le droit du permis de conduire est un droit de prévention des risques et suit sa propre logique. Le fait que la consommation en soi soit autorisée n’a aucune importance. Ce qui compte est uniquement de savoir si quelqu’un peut conduire un véhicule en toute sécurité. Cette même distinction s’applique à l’alcool depuis des décennies, sans surprise pour personne. Cette sobriété intellectuelle a longtemps manqué au débat sur le cannabis. Voilà des années que des experts considèrent le traitement du cannabis comme inacceptable, tandis que les opinions sur la légalisation du cannabis divergent considérablement.
Concrètement, cela signifie deux choses. Premièrement, une valeur de THC très élevée lors d’un contrôle ne pose pas seulement un problème d’amende, mais aussi un problème de permis. Deuxièmement, l’ordonnance d’un examen n’est pas une fin en soi. Quiconque l’ignore perd certainement son permis. Quiconque s’y soumet a au moins une chance. Notre guide sur l’expertise médico-psychologique pour cannabis décrit ce qui vous attend.
Questions fréquentes
À partir de quel taux de THC une expertise médico-psychologique est-elle requise ?
Le règlement sur le permis de conduire ne précise pas de valeur fixe pour le cannabis, contrairement à la limite de 1,6 g/l pour l’alcool. L’élément déterminant est de savoir si l’autorité peut partir du principe d’un abus de consommation. Dans l’affaire berlinoise, 47,8 nanogrammes par millilitre ont suffi, car cette valeur indique une consommation régulière.
Quelle est la différence entre l’amende et le retrait du permis ?
La limite d’effet de 3,5 nanogrammes concerne le droit des contraventions et entraîne une amende, une interdiction de conduire et des points. Le retrait du permis suit au contraire le droit du permis de conduire et suppose des doutes sur l’aptitude. Les deux procédures se déroulent indépendamment l’une de l’autre.
Une ordonnance de cannabis médical protège-t-elle contre la perte du permis ?
Uniquement sous des conditions strictes. Le traitement doit déjà avoir été prescrit au moment de la conduite, et le médicament doit être pris conformément aux indications. Une prescription ultérieurement délivrée ne justifie pas une consommation antérieure, comme le tribunal administratif de Berlin l’a expressément établi.
Que se passe-t-il si je ne fournis pas l’expertise demandée ?
Selon l’article 11, paragraphe 8 du règlement sur le permis de conduire, l’autorité peut alors conclure à l’inaptitude. La condition préalable est toutefois que l’ordonnance d’expertise soit légale. La légalité de l’ordonnance peut être vérifiée dans la procédure relative au retrait du permis.
Cette décision est-elle définitive ?
Non, il s’agit d’une décision en référé. Un pourvoi peut être formé auprès de la cour administrative d’appel Berlin-Brandebourg. La clarification définitive se fera dans la procédure au fond.
Sollte eine MPU schon ab 3,5 ng/ml THC angeordnet werden dürfen?
Sources : Tribunal administratif de Berlin, ordonnance du 23 juillet 2026, numéro de dossier VG 11 L 401/26 ; Legal Tribune Online ; urteile.news.




































