Question 8 : Horizon de 24 mois
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Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.
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- Droit du cannabis 2026 : Olivia Ewenike sur les obstacles des CSC et la télémédecine
- Décontamination microbienne du cannabis médical : Où l’industrie EU traîne réglementairement et qui est responsable
Question 6 : Styles sous-représentés
Quels styles de cannabis ou profils terpéniques sont sous-représentés en Allemagne en 2026, bien qu’ils seraient sensoriellement captivants ?
Adele : Me manquent surtout les profils olfactifs floraux. Ils pourraient être plus créatifs et raffinés que ce que propose actuellement le marché allemand. Je trouve aussi intéressantes les plantes conçues délibérément pour des indications spécifiques et apportant un profil aromatique ou olfactif correspondant.
Et puis un sujet me tient particulièrement à cœur : ramener les cultivars « anciens ». Les variétés locales avec une teneur en THC plus faible, mais avec des profils caractéristiques développés au fil des générations. Le marché allemand s’oriente fortement vers « plus il y a de THC, mieux c’est ». C’est l’axe le plus ennuyeux pour évaluer le cannabis. Je trouve la diversité du profil terpénique et aromatique bien plus captivante qu’une valeur en principes actifs élevée seule.

Question 7 : Le premier exercice pour les consommateurs
À la Mary Jane, tu parles des bases du métier de Ganjier pour le public. Quel serait le premier exercice que tu recommanderais à chaque consommatrice de cannabis comme première étape à emporter à la maison ?
Adele : D’abord, c’est la loupe. Mon vœu serait que les gens achètent une loupe, regardent attentivement la fleur de cannabis dessous et découvrent les trichomes, ces petites têtes résineuses. C’est une vraie belle tâche, et on apprend énormément sur la qualité. Si les trichomes sont encore complètement en place, c’est très bon signe. Si les têtes de trichomes sont tombées, cela indique une qualité inférieure ou une manipulation inadéquate.
Le deuxième exercice est l’odeur consciente. Cela fonctionne aussi complètement sans consommation. Il s’agit d’identifier et de nommer les différentes couches d’une odeur, puis de continuer à se plonger de plus en plus finement dans les sous-catégories.
Celui qui entraîne son nez et son regard à travers la loupe a déjà les deux outils les plus importants du Ganjier en main.

Question 8 : Horizon de 24 mois
Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.
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Question 5 : Tests de laboratoire vs. sensorique
Tests de laboratoire vs. évaluation sensorique. Où ces deux mondes se contredisent-ils régulièrement, et quel aspect a davantage de valeur probante en pratique ?
Adele : Les deux mondes se contredisent moins qu’ils ne répondent à des questions différentes. Les analyses de laboratoire sont indispensables en matière de sécurité : contrôles de contamination pour les pesticides, les moisissures ou les métaux lourds, et les valeurs exactes de THC et de CBD. Aucun nez ne peut le faire.
Dès qu’il s’agit de qualité organoleptique, la sensorique est l’instrument le plus précis : l’intensité de l’odeur d’une fleur, la structure de son profil aromatique, la façon dont la texture et la structure de la plante se ressentent. Ces propriétés marquent fortement l’expérience ultérieure, mais n’apparaissent sur aucun certificat de laboratoire. Une fiche technique n’est d’ailleurs qu’une photographie instantanée. Elle ne dit rien sur le déroulement correct du séchage ou sur ce que sentiront les produits dans quelques semaines. Ma règle de base : le laboratoire protège contre les dégâts, la sensorique décrit la qualité. Celui qui travaille professionnellement a besoin des deux.
Question 6 : Styles sous-représentés
Quels styles de cannabis ou profils terpéniques sont sous-représentés en Allemagne en 2026, bien qu’ils seraient sensoriellement captivants ?
Adele : Me manquent surtout les profils olfactifs floraux. Ils pourraient être plus créatifs et raffinés que ce que propose actuellement le marché allemand. Je trouve aussi intéressantes les plantes conçues délibérément pour des indications spécifiques et apportant un profil aromatique ou olfactif correspondant.
Et puis un sujet me tient particulièrement à cœur : ramener les cultivars « anciens ». Les variétés locales avec une teneur en THC plus faible, mais avec des profils caractéristiques développés au fil des générations. Le marché allemand s’oriente fortement vers « plus il y a de THC, mieux c’est ». C’est l’axe le plus ennuyeux pour évaluer le cannabis. Je trouve la diversité du profil terpénique et aromatique bien plus captivante qu’une valeur en principes actifs élevée seule.

Question 7 : Le premier exercice pour les consommateurs
À la Mary Jane, tu parles des bases du métier de Ganjier pour le public. Quel serait le premier exercice que tu recommanderais à chaque consommatrice de cannabis comme première étape à emporter à la maison ?
Adele : D’abord, c’est la loupe. Mon vœu serait que les gens achètent une loupe, regardent attentivement la fleur de cannabis dessous et découvrent les trichomes, ces petites têtes résineuses. C’est une vraie belle tâche, et on apprend énormément sur la qualité. Si les trichomes sont encore complètement en place, c’est très bon signe. Si les têtes de trichomes sont tombées, cela indique une qualité inférieure ou une manipulation inadéquate.
Le deuxième exercice est l’odeur consciente. Cela fonctionne aussi complètement sans consommation. Il s’agit d’identifier et de nommer les différentes couches d’une odeur, puis de continuer à se plonger de plus en plus finement dans les sous-catégories.
Celui qui entraîne son nez et son regard à travers la loupe a déjà les deux outils les plus importants du Ganjier en main.

Question 8 : Horizon de 24 mois
Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.
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- Droit du cannabis 2026 : Olivia Ewenike sur les obstacles des CSC et la télémédecine
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Question 4 : Formats éducatifs chez avaay et Sanity Group
Sanity Group et avaay sont ton cadre actuel. Quels formats éducatifs concrets construisez-vous pour le marché allemand, dans lesquels le savoir des Ganjiers s’intègre ?
Adele : Le format le plus important est notre canal de médias sociaux « High Science », que je gère pour avaay, l’une de nos marques de cannabis médical. J’y explique le cannabis de A à Z, la botanique, le mode d’action, la qualité et l’utilisation responsable, dans une langue compréhensible sans connaissances préalables.
S’ajoutent à cela des présentations auprès d’organismes publics et des apparitions lors de conférences ainsi que dans des podcasts. Plus de possibilités naîtraient seulement si les essais pilotes de Grashaus Projects étaient approuvés, dont j’ai pu contribuer à la conception. Ensuite, l’éducation pourrait s’appuyer sur un cadre réel et régulé.
La partie la plus concrète de mon travail se situe donc aussi actuellement en Suisse. Pour notre essai pilote là-bas, je crée des formations pour le personnel spécialisé, je les dispense et j’anime des ateliers pour les participants à l’étude. C’est là que le savoir des Ganjiers s’intègre directement dans un modèle légal dès aujourd’hui.
Question 5 : Tests de laboratoire vs. sensorique
Tests de laboratoire vs. évaluation sensorique. Où ces deux mondes se contredisent-ils régulièrement, et quel aspect a davantage de valeur probante en pratique ?
Adele : Les deux mondes se contredisent moins qu’ils ne répondent à des questions différentes. Les analyses de laboratoire sont indispensables en matière de sécurité : contrôles de contamination pour les pesticides, les moisissures ou les métaux lourds, et les valeurs exactes de THC et de CBD. Aucun nez ne peut le faire.
Dès qu’il s’agit de qualité organoleptique, la sensorique est l’instrument le plus précis : l’intensité de l’odeur d’une fleur, la structure de son profil aromatique, la façon dont la texture et la structure de la plante se ressentent. Ces propriétés marquent fortement l’expérience ultérieure, mais n’apparaissent sur aucun certificat de laboratoire. Une fiche technique n’est d’ailleurs qu’une photographie instantanée. Elle ne dit rien sur le déroulement correct du séchage ou sur ce que sentiront les produits dans quelques semaines. Ma règle de base : le laboratoire protège contre les dégâts, la sensorique décrit la qualité. Celui qui travaille professionnellement a besoin des deux.
Question 6 : Styles sous-représentés
Quels styles de cannabis ou profils terpéniques sont sous-représentés en Allemagne en 2026, bien qu’ils seraient sensoriellement captivants ?
Adele : Me manquent surtout les profils olfactifs floraux. Ils pourraient être plus créatifs et raffinés que ce que propose actuellement le marché allemand. Je trouve aussi intéressantes les plantes conçues délibérément pour des indications spécifiques et apportant un profil aromatique ou olfactif correspondant.
Et puis un sujet me tient particulièrement à cœur : ramener les cultivars « anciens ». Les variétés locales avec une teneur en THC plus faible, mais avec des profils caractéristiques développés au fil des générations. Le marché allemand s’oriente fortement vers « plus il y a de THC, mieux c’est ». C’est l’axe le plus ennuyeux pour évaluer le cannabis. Je trouve la diversité du profil terpénique et aromatique bien plus captivante qu’une valeur en principes actifs élevée seule.

Question 7 : Le premier exercice pour les consommateurs
À la Mary Jane, tu parles des bases du métier de Ganjier pour le public. Quel serait le premier exercice que tu recommanderais à chaque consommatrice de cannabis comme première étape à emporter à la maison ?
Adele : D’abord, c’est la loupe. Mon vœu serait que les gens achètent une loupe, regardent attentivement la fleur de cannabis dessous et découvrent les trichomes, ces petites têtes résineuses. C’est une vraie belle tâche, et on apprend énormément sur la qualité. Si les trichomes sont encore complètement en place, c’est très bon signe. Si les têtes de trichomes sont tombées, cela indique une qualité inférieure ou une manipulation inadéquate.
Le deuxième exercice est l’odeur consciente. Cela fonctionne aussi complètement sans consommation. Il s’agit d’identifier et de nommer les différentes couches d’une odeur, puis de continuer à se plonger de plus en plus finement dans les sous-catégories.
Celui qui entraîne son nez et son regard à travers la loupe a déjà les deux outils les plus importants du Ganjier en main.

Question 8 : Horizon de 24 mois
Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.
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Question 3 : Les trichomes, une catégorie sous-estimée
Quelles catégories sensorielles sont, d’après ton expérience, les moins comprises, chez les consommateurs ET chez les acteurs du secteur ?
Adele : Clairement les trichomes. Beaucoup les ont déjà vus, mais ne peuvent pas vraiment nommer ce qu’ils sont et pourquoi ils sont si importants. Les trichomes sont les petites glandes résineuses de la plante, des minuscules glandes qui contiennent pratiquement tous les principes actifs importants : les cannabinoïdes, les terpènes, les flavonoïdes. Celui qui veut évaluer la qualité d’une fleur regarde d’abord les trichomes.
Les préserver est crucial. Une fleur traitée avec soin garde ses têtes de trichomes complètes. S’ils sont tombés ou frottés, beaucoup de ce qui compte est perdu. C’est exactement ce principe qui se cache derrière des produits comme la résine ou les extraits. Là, seul le « jus de trichomes » est utilisé de manière ciblée, c’est-à-dire le concentré des têtes de glandes. Une fois qu’on a compris que les trichomes sont vraiment ce qui a de la valeur, le regard change sur chaque produit.

Question 4 : Formats éducatifs chez avaay et Sanity Group
Sanity Group et avaay sont ton cadre actuel. Quels formats éducatifs concrets construisez-vous pour le marché allemand, dans lesquels le savoir des Ganjiers s’intègre ?
Adele : Le format le plus important est notre canal de médias sociaux « High Science », que je gère pour avaay, l’une de nos marques de cannabis médical. J’y explique le cannabis de A à Z, la botanique, le mode d’action, la qualité et l’utilisation responsable, dans une langue compréhensible sans connaissances préalables.
S’ajoutent à cela des présentations auprès d’organismes publics et des apparitions lors de conférences ainsi que dans des podcasts. Plus de possibilités naîtraient seulement si les essais pilotes de Grashaus Projects étaient approuvés, dont j’ai pu contribuer à la conception. Ensuite, l’éducation pourrait s’appuyer sur un cadre réel et régulé.
La partie la plus concrète de mon travail se situe donc aussi actuellement en Suisse. Pour notre essai pilote là-bas, je crée des formations pour le personnel spécialisé, je les dispense et j’anime des ateliers pour les participants à l’étude. C’est là que le savoir des Ganjiers s’intègre directement dans un modèle légal dès aujourd’hui.
Question 5 : Tests de laboratoire vs. sensorique
Tests de laboratoire vs. évaluation sensorique. Où ces deux mondes se contredisent-ils régulièrement, et quel aspect a davantage de valeur probante en pratique ?
Adele : Les deux mondes se contredisent moins qu’ils ne répondent à des questions différentes. Les analyses de laboratoire sont indispensables en matière de sécurité : contrôles de contamination pour les pesticides, les moisissures ou les métaux lourds, et les valeurs exactes de THC et de CBD. Aucun nez ne peut le faire.
Dès qu’il s’agit de qualité organoleptique, la sensorique est l’instrument le plus précis : l’intensité de l’odeur d’une fleur, la structure de son profil aromatique, la façon dont la texture et la structure de la plante se ressentent. Ces propriétés marquent fortement l’expérience ultérieure, mais n’apparaissent sur aucun certificat de laboratoire. Une fiche technique n’est d’ailleurs qu’une photographie instantanée. Elle ne dit rien sur le déroulement correct du séchage ou sur ce que sentiront les produits dans quelques semaines. Ma règle de base : le laboratoire protège contre les dégâts, la sensorique décrit la qualité. Celui qui travaille professionnellement a besoin des deux.
Question 6 : Styles sous-représentés
Quels styles de cannabis ou profils terpéniques sont sous-représentés en Allemagne en 2026, bien qu’ils seraient sensoriellement captivants ?
Adele : Me manquent surtout les profils olfactifs floraux. Ils pourraient être plus créatifs et raffinés que ce que propose actuellement le marché allemand. Je trouve aussi intéressantes les plantes conçues délibérément pour des indications spécifiques et apportant un profil aromatique ou olfactif correspondant.
Et puis un sujet me tient particulièrement à cœur : ramener les cultivars « anciens ». Les variétés locales avec une teneur en THC plus faible, mais avec des profils caractéristiques développés au fil des générations. Le marché allemand s’oriente fortement vers « plus il y a de THC, mieux c’est ». C’est l’axe le plus ennuyeux pour évaluer le cannabis. Je trouve la diversité du profil terpénique et aromatique bien plus captivante qu’une valeur en principes actifs élevée seule.

Question 7 : Le premier exercice pour les consommateurs
À la Mary Jane, tu parles des bases du métier de Ganjier pour le public. Quel serait le premier exercice que tu recommanderais à chaque consommatrice de cannabis comme première étape à emporter à la maison ?
Adele : D’abord, c’est la loupe. Mon vœu serait que les gens achètent une loupe, regardent attentivement la fleur de cannabis dessous et découvrent les trichomes, ces petites têtes résineuses. C’est une vraie belle tâche, et on apprend énormément sur la qualité. Si les trichomes sont encore complètement en place, c’est très bon signe. Si les têtes de trichomes sont tombées, cela indique une qualité inférieure ou une manipulation inadéquate.
Le deuxième exercice est l’odeur consciente. Cela fonctionne aussi complètement sans consommation. Il s’agit d’identifier et de nommer les différentes couches d’une odeur, puis de continuer à se plonger de plus en plus finement dans les sous-catégories.
Celui qui entraîne son nez et son regard à travers la loupe a déjà les deux outils les plus importants du Ganjier en main.

Question 8 : Horizon de 24 mois
Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.
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- Droit du cannabis 2026 : Olivia Ewenike sur les obstacles des CSC et la télémédecine
- Décontamination microbienne du cannabis médical : Où l’industrie EU traîne réglementairement et qui est responsable
Question 2 : Rôles réalistes sur le marché allemand
Le métier de Ganjier est établi aux États-Unis, mais encore inconnu en Allemagne. Quel rôle réaliste vois-tu pour les Ganjiers sur le marché allemand, dans les pharmacies, dans les CSC, dans le commerce spécialisé ?
Adele : Le métier de Ganjier offre plusieurs domaines d’application. On peut être celui qui approvisionne le marché du cannabis médical, c’est-à-dire qui visite les producteurs, teste la qualité et participe à la décision d’achat. Cette tâche d’approvisionnement est assurée chez nous par mon collègue Tim. Ou on peut aller davantage vers l’éducation et la réduction des risques, jusqu’à la sensibilisation dans les écoles. Pour ma part, je suis clairement attiré par le secteur éducatif.
Bien sûr, il serait beau que les pharmaciens reçoivent plus de formation pour mieux évaluer les produits et conseiller les patients de manière plus ciblée. Cependant, il y a une limite claire : le personnel de pharmacie ne peut pas consommer les produits. Un rôle de Ganjier à la pharmacie serait donc limité à une analyse de qualité qui fonctionnerait entièrement sans consommation, c’est-à-dire avec un microscope et le flair. C’est aussi précieux pour une meilleure compréhension des produits, mais limité.
Dans les Social Clubs, du personnel correctement formé serait certainement un atout, mais le cas d’usage est limité. Le véritable grand besoin naît avec les magasins spécialisés, et il n’y en a pas encore en Allemagne. C’est exactement pour cette raison que je me concentre fortement sur la Suisse en ce moment. C’est là que naissent les essais pilotes et, sur la base de leurs conclusions, on espère bientôt un marché légal à grande échelle, dans lequel on peut non seulement utiliser un système de formation national, mais aussi le façonner activement. Le métier de Ganjier a besoin d’une infrastructure où il est demandé, et cette infrastructure se crée actuellement plutôt en Suisse qu’en Allemagne.

Question 3 : Les trichomes, une catégorie sous-estimée
Quelles catégories sensorielles sont, d’après ton expérience, les moins comprises, chez les consommateurs ET chez les acteurs du secteur ?
Adele : Clairement les trichomes. Beaucoup les ont déjà vus, mais ne peuvent pas vraiment nommer ce qu’ils sont et pourquoi ils sont si importants. Les trichomes sont les petites glandes résineuses de la plante, des minuscules glandes qui contiennent pratiquement tous les principes actifs importants : les cannabinoïdes, les terpènes, les flavonoïdes. Celui qui veut évaluer la qualité d’une fleur regarde d’abord les trichomes.
Les préserver est crucial. Une fleur traitée avec soin garde ses têtes de trichomes complètes. S’ils sont tombés ou frottés, beaucoup de ce qui compte est perdu. C’est exactement ce principe qui se cache derrière des produits comme la résine ou les extraits. Là, seul le « jus de trichomes » est utilisé de manière ciblée, c’est-à-dire le concentré des têtes de glandes. Une fois qu’on a compris que les trichomes sont vraiment ce qui a de la valeur, le regard change sur chaque produit.

Question 4 : Formats éducatifs chez avaay et Sanity Group
Sanity Group et avaay sont ton cadre actuel. Quels formats éducatifs concrets construisez-vous pour le marché allemand, dans lesquels le savoir des Ganjiers s’intègre ?
Adele : Le format le plus important est notre canal de médias sociaux « High Science », que je gère pour avaay, l’une de nos marques de cannabis médical. J’y explique le cannabis de A à Z, la botanique, le mode d’action, la qualité et l’utilisation responsable, dans une langue compréhensible sans connaissances préalables.
S’ajoutent à cela des présentations auprès d’organismes publics et des apparitions lors de conférences ainsi que dans des podcasts. Plus de possibilités naîtraient seulement si les essais pilotes de Grashaus Projects étaient approuvés, dont j’ai pu contribuer à la conception. Ensuite, l’éducation pourrait s’appuyer sur un cadre réel et régulé.
La partie la plus concrète de mon travail se situe donc aussi actuellement en Suisse. Pour notre essai pilote là-bas, je crée des formations pour le personnel spécialisé, je les dispense et j’anime des ateliers pour les participants à l’étude. C’est là que le savoir des Ganjiers s’intègre directement dans un modèle légal dès aujourd’hui.
Question 5 : Tests de laboratoire vs. sensorique
Tests de laboratoire vs. évaluation sensorique. Où ces deux mondes se contredisent-ils régulièrement, et quel aspect a davantage de valeur probante en pratique ?
Adele : Les deux mondes se contredisent moins qu’ils ne répondent à des questions différentes. Les analyses de laboratoire sont indispensables en matière de sécurité : contrôles de contamination pour les pesticides, les moisissures ou les métaux lourds, et les valeurs exactes de THC et de CBD. Aucun nez ne peut le faire.
Dès qu’il s’agit de qualité organoleptique, la sensorique est l’instrument le plus précis : l’intensité de l’odeur d’une fleur, la structure de son profil aromatique, la façon dont la texture et la structure de la plante se ressentent. Ces propriétés marquent fortement l’expérience ultérieure, mais n’apparaissent sur aucun certificat de laboratoire. Une fiche technique n’est d’ailleurs qu’une photographie instantanée. Elle ne dit rien sur le déroulement correct du séchage ou sur ce que sentiront les produits dans quelques semaines. Ma règle de base : le laboratoire protège contre les dégâts, la sensorique décrit la qualité. Celui qui travaille professionnellement a besoin des deux.
Question 6 : Styles sous-représentés
Quels styles de cannabis ou profils terpéniques sont sous-représentés en Allemagne en 2026, bien qu’ils seraient sensoriellement captivants ?
Adele : Me manquent surtout les profils olfactifs floraux. Ils pourraient être plus créatifs et raffinés que ce que propose actuellement le marché allemand. Je trouve aussi intéressantes les plantes conçues délibérément pour des indications spécifiques et apportant un profil aromatique ou olfactif correspondant.
Et puis un sujet me tient particulièrement à cœur : ramener les cultivars « anciens ». Les variétés locales avec une teneur en THC plus faible, mais avec des profils caractéristiques développés au fil des générations. Le marché allemand s’oriente fortement vers « plus il y a de THC, mieux c’est ». C’est l’axe le plus ennuyeux pour évaluer le cannabis. Je trouve la diversité du profil terpénique et aromatique bien plus captivante qu’une valeur en principes actifs élevée seule.

Question 7 : Le premier exercice pour les consommateurs
À la Mary Jane, tu parles des bases du métier de Ganjier pour le public. Quel serait le premier exercice que tu recommanderais à chaque consommatrice de cannabis comme première étape à emporter à la maison ?
Adele : D’abord, c’est la loupe. Mon vœu serait que les gens achètent une loupe, regardent attentivement la fleur de cannabis dessous et découvrent les trichomes, ces petites têtes résineuses. C’est une vraie belle tâche, et on apprend énormément sur la qualité. Si les trichomes sont encore complètement en place, c’est très bon signe. Si les têtes de trichomes sont tombées, cela indique une qualité inférieure ou une manipulation inadéquate.
Le deuxième exercice est l’odeur consciente. Cela fonctionne aussi complètement sans consommation. Il s’agit d’identifier et de nommer les différentes couches d’une odeur, puis de continuer à se plonger de plus en plus finement dans les sous-catégories.
Celui qui entraîne son nez et son regard à travers la loupe a déjà les deux outils les plus importants du Ganjier en main.

Question 8 : Horizon de 24 mois
Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.
En savoir plus sur le sujet
- Droit du cannabis 2026 : Olivia Ewenike sur les obstacles des CSC et la télémédecine
- Décontamination microbienne du cannabis médical : Où l’industrie EU traîne réglementairement et qui est responsable
Question 1 : Dégustations sans recracher
Tu es la première Ganjier au féminin en Allemagne et tu as aidé à ouvrir la première dispensaire légale d’Europe en Suisse. Comment la dégustation de Ganjier diffère-t-elle pratiquement de celle du vin ou du whisky ?
Adele : La différence pratique avec la dégustation de vin ou de whisky est fondamentale : on ne peut pas recracher la vapeur de cannabis. Celui qui déguste consomme aussi la substance. C’est exactement pour cette raison que les étapes avant l’inhalation sont si importantes pour moi : l’apparence, l’odeur et le dry hit, c’est-à-dire l’inhalation de la fleur sans la brûler. À travers ces trois étapes, on peut déjà apprendre remarquablement beaucoup sur la qualité, sans avoir consommé quoi que ce soit. Une sommelière peut déguster généreusement. Un Ganjier doit observer, sentir et palper d’autant plus attentivement avant que quoi que ce soit ne brûle.
Question 2 : Rôles réalistes sur le marché allemand
Le métier de Ganjier est établi aux États-Unis, mais encore inconnu en Allemagne. Quel rôle réaliste vois-tu pour les Ganjiers sur le marché allemand, dans les pharmacies, dans les CSC, dans le commerce spécialisé ?
Adele : Le métier de Ganjier offre plusieurs domaines d’application. On peut être celui qui approvisionne le marché du cannabis médical, c’est-à-dire qui visite les producteurs, teste la qualité et participe à la décision d’achat. Cette tâche d’approvisionnement est assurée chez nous par mon collègue Tim. Ou on peut aller davantage vers l’éducation et la réduction des risques, jusqu’à la sensibilisation dans les écoles. Pour ma part, je suis clairement attiré par le secteur éducatif.
Bien sûr, il serait beau que les pharmaciens reçoivent plus de formation pour mieux évaluer les produits et conseiller les patients de manière plus ciblée. Cependant, il y a une limite claire : le personnel de pharmacie ne peut pas consommer les produits. Un rôle de Ganjier à la pharmacie serait donc limité à une analyse de qualité qui fonctionnerait entièrement sans consommation, c’est-à-dire avec un microscope et le flair. C’est aussi précieux pour une meilleure compréhension des produits, mais limité.
Dans les Social Clubs, du personnel correctement formé serait certainement un atout, mais le cas d’usage est limité. Le véritable grand besoin naît avec les magasins spécialisés, et il n’y en a pas encore en Allemagne. C’est exactement pour cette raison que je me concentre fortement sur la Suisse en ce moment. C’est là que naissent les essais pilotes et, sur la base de leurs conclusions, on espère bientôt un marché légal à grande échelle, dans lequel on peut non seulement utiliser un système de formation national, mais aussi le façonner activement. Le métier de Ganjier a besoin d’une infrastructure où il est demandé, et cette infrastructure se crée actuellement plutôt en Suisse qu’en Allemagne.

Question 3 : Les trichomes, une catégorie sous-estimée
Quelles catégories sensorielles sont, d’après ton expérience, les moins comprises, chez les consommateurs ET chez les acteurs du secteur ?
Adele : Clairement les trichomes. Beaucoup les ont déjà vus, mais ne peuvent pas vraiment nommer ce qu’ils sont et pourquoi ils sont si importants. Les trichomes sont les petites glandes résineuses de la plante, des minuscules glandes qui contiennent pratiquement tous les principes actifs importants : les cannabinoïdes, les terpènes, les flavonoïdes. Celui qui veut évaluer la qualité d’une fleur regarde d’abord les trichomes.
Les préserver est crucial. Une fleur traitée avec soin garde ses têtes de trichomes complètes. S’ils sont tombés ou frottés, beaucoup de ce qui compte est perdu. C’est exactement ce principe qui se cache derrière des produits comme la résine ou les extraits. Là, seul le « jus de trichomes » est utilisé de manière ciblée, c’est-à-dire le concentré des têtes de glandes. Une fois qu’on a compris que les trichomes sont vraiment ce qui a de la valeur, le regard change sur chaque produit.

Question 4 : Formats éducatifs chez avaay et Sanity Group
Sanity Group et avaay sont ton cadre actuel. Quels formats éducatifs concrets construisez-vous pour le marché allemand, dans lesquels le savoir des Ganjiers s’intègre ?
Adele : Le format le plus important est notre canal de médias sociaux « High Science », que je gère pour avaay, l’une de nos marques de cannabis médical. J’y explique le cannabis de A à Z, la botanique, le mode d’action, la qualité et l’utilisation responsable, dans une langue compréhensible sans connaissances préalables.
S’ajoutent à cela des présentations auprès d’organismes publics et des apparitions lors de conférences ainsi que dans des podcasts. Plus de possibilités naîtraient seulement si les essais pilotes de Grashaus Projects étaient approuvés, dont j’ai pu contribuer à la conception. Ensuite, l’éducation pourrait s’appuyer sur un cadre réel et régulé.
La partie la plus concrète de mon travail se situe donc aussi actuellement en Suisse. Pour notre essai pilote là-bas, je crée des formations pour le personnel spécialisé, je les dispense et j’anime des ateliers pour les participants à l’étude. C’est là que le savoir des Ganjiers s’intègre directement dans un modèle légal dès aujourd’hui.
Question 5 : Tests de laboratoire vs. sensorique
Tests de laboratoire vs. évaluation sensorique. Où ces deux mondes se contredisent-ils régulièrement, et quel aspect a davantage de valeur probante en pratique ?
Adele : Les deux mondes se contredisent moins qu’ils ne répondent à des questions différentes. Les analyses de laboratoire sont indispensables en matière de sécurité : contrôles de contamination pour les pesticides, les moisissures ou les métaux lourds, et les valeurs exactes de THC et de CBD. Aucun nez ne peut le faire.
Dès qu’il s’agit de qualité organoleptique, la sensorique est l’instrument le plus précis : l’intensité de l’odeur d’une fleur, la structure de son profil aromatique, la façon dont la texture et la structure de la plante se ressentent. Ces propriétés marquent fortement l’expérience ultérieure, mais n’apparaissent sur aucun certificat de laboratoire. Une fiche technique n’est d’ailleurs qu’une photographie instantanée. Elle ne dit rien sur le déroulement correct du séchage ou sur ce que sentiront les produits dans quelques semaines. Ma règle de base : le laboratoire protège contre les dégâts, la sensorique décrit la qualité. Celui qui travaille professionnellement a besoin des deux.
Question 6 : Styles sous-représentés
Quels styles de cannabis ou profils terpéniques sont sous-représentés en Allemagne en 2026, bien qu’ils seraient sensoriellement captivants ?
Adele : Me manquent surtout les profils olfactifs floraux. Ils pourraient être plus créatifs et raffinés que ce que propose actuellement le marché allemand. Je trouve aussi intéressantes les plantes conçues délibérément pour des indications spécifiques et apportant un profil aromatique ou olfactif correspondant.
Et puis un sujet me tient particulièrement à cœur : ramener les cultivars « anciens ». Les variétés locales avec une teneur en THC plus faible, mais avec des profils caractéristiques développés au fil des générations. Le marché allemand s’oriente fortement vers « plus il y a de THC, mieux c’est ». C’est l’axe le plus ennuyeux pour évaluer le cannabis. Je trouve la diversité du profil terpénique et aromatique bien plus captivante qu’une valeur en principes actifs élevée seule.

Question 7 : Le premier exercice pour les consommateurs
À la Mary Jane, tu parles des bases du métier de Ganjier pour le public. Quel serait le premier exercice que tu recommanderais à chaque consommatrice de cannabis comme première étape à emporter à la maison ?
Adele : D’abord, c’est la loupe. Mon vœu serait que les gens achètent une loupe, regardent attentivement la fleur de cannabis dessous et découvrent les trichomes, ces petites têtes résineuses. C’est une vraie belle tâche, et on apprend énormément sur la qualité. Si les trichomes sont encore complètement en place, c’est très bon signe. Si les têtes de trichomes sont tombées, cela indique une qualité inférieure ou une manipulation inadéquate.
Le deuxième exercice est l’odeur consciente. Cela fonctionne aussi complètement sans consommation. Il s’agit d’identifier et de nommer les différentes couches d’une odeur, puis de continuer à se plonger de plus en plus finement dans les sous-catégories.
Celui qui entraîne son nez et son regard à travers la loupe a déjà les deux outils les plus importants du Ganjier en main.

Question 8 : Horizon de 24 mois
Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.
En savoir plus sur le sujet
- Droit du cannabis 2026 : Olivia Ewenike sur les obstacles des CSC et la télémédecine
- Décontamination microbienne du cannabis médical : Où l’industrie EU traîne réglementairement et qui est responsable
💬 En conversation
Adele Hollmann, Senior Scientific Affairs Manager (Grashaus Projects / avaay / Sanity Group), Ganjier
Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. Elle a participé à l’ouverture de la première dispensaire légale de cannabis en Europe en Suisse et anime la communication éducative sur le cannabis d’avaay sous « High Science » sur les réseaux sociaux. Elle parlera des bases du métier de Ganjier pour un large public de cannabis à la Mary Jane Berlin.
Question 1 : Dégustations sans recracher
Tu es la première Ganjier au féminin en Allemagne et tu as aidé à ouvrir la première dispensaire légale d’Europe en Suisse. Comment la dégustation de Ganjier diffère-t-elle pratiquement de celle du vin ou du whisky ?
Adele : La différence pratique avec la dégustation de vin ou de whisky est fondamentale : on ne peut pas recracher la vapeur de cannabis. Celui qui déguste consomme aussi la substance. C’est exactement pour cette raison que les étapes avant l’inhalation sont si importantes pour moi : l’apparence, l’odeur et le dry hit, c’est-à-dire l’inhalation de la fleur sans la brûler. À travers ces trois étapes, on peut déjà apprendre remarquablement beaucoup sur la qualité, sans avoir consommé quoi que ce soit. Une sommelière peut déguster généreusement. Un Ganjier doit observer, sentir et palper d’autant plus attentivement avant que quoi que ce soit ne brûle.
Question 2 : Rôles réalistes sur le marché allemand
Le métier de Ganjier est établi aux États-Unis, mais encore inconnu en Allemagne. Quel rôle réaliste vois-tu pour les Ganjiers sur le marché allemand, dans les pharmacies, dans les CSC, dans le commerce spécialisé ?
Adele : Le métier de Ganjier offre plusieurs domaines d’application. On peut être celui qui approvisionne le marché du cannabis médical, c’est-à-dire qui visite les producteurs, teste la qualité et participe à la décision d’achat. Cette tâche d’approvisionnement est assurée chez nous par mon collègue Tim. Ou on peut aller davantage vers l’éducation et la réduction des risques, jusqu’à la sensibilisation dans les écoles. Pour ma part, je suis clairement attiré par le secteur éducatif.
Bien sûr, il serait beau que les pharmaciens reçoivent plus de formation pour mieux évaluer les produits et conseiller les patients de manière plus ciblée. Cependant, il y a une limite claire : le personnel de pharmacie ne peut pas consommer les produits. Un rôle de Ganjier à la pharmacie serait donc limité à une analyse de qualité qui fonctionnerait entièrement sans consommation, c’est-à-dire avec un microscope et le flair. C’est aussi précieux pour une meilleure compréhension des produits, mais limité.
Dans les Social Clubs, du personnel correctement formé serait certainement un atout, mais le cas d’usage est limité. Le véritable grand besoin naît avec les magasins spécialisés, et il n’y en a pas encore en Allemagne. C’est exactement pour cette raison que je me concentre fortement sur la Suisse en ce moment. C’est là que naissent les essais pilotes et, sur la base de leurs conclusions, on espère bientôt un marché légal à grande échelle, dans lequel on peut non seulement utiliser un système de formation national, mais aussi le façonner activement. Le métier de Ganjier a besoin d’une infrastructure où il est demandé, et cette infrastructure se crée actuellement plutôt en Suisse qu’en Allemagne.

Question 3 : Les trichomes, une catégorie sous-estimée
Quelles catégories sensorielles sont, d’après ton expérience, les moins comprises, chez les consommateurs ET chez les acteurs du secteur ?
Adele : Clairement les trichomes. Beaucoup les ont déjà vus, mais ne peuvent pas vraiment nommer ce qu’ils sont et pourquoi ils sont si importants. Les trichomes sont les petites glandes résineuses de la plante, des minuscules glandes qui contiennent pratiquement tous les principes actifs importants : les cannabinoïdes, les terpènes, les flavonoïdes. Celui qui veut évaluer la qualité d’une fleur regarde d’abord les trichomes.
Les préserver est crucial. Une fleur traitée avec soin garde ses têtes de trichomes complètes. S’ils sont tombés ou frottés, beaucoup de ce qui compte est perdu. C’est exactement ce principe qui se cache derrière des produits comme la résine ou les extraits. Là, seul le « jus de trichomes » est utilisé de manière ciblée, c’est-à-dire le concentré des têtes de glandes. Une fois qu’on a compris que les trichomes sont vraiment ce qui a de la valeur, le regard change sur chaque produit.

Question 4 : Formats éducatifs chez avaay et Sanity Group
Sanity Group et avaay sont ton cadre actuel. Quels formats éducatifs concrets construisez-vous pour le marché allemand, dans lesquels le savoir des Ganjiers s’intègre ?
Adele : Le format le plus important est notre canal de médias sociaux « High Science », que je gère pour avaay, l’une de nos marques de cannabis médical. J’y explique le cannabis de A à Z, la botanique, le mode d’action, la qualité et l’utilisation responsable, dans une langue compréhensible sans connaissances préalables.
S’ajoutent à cela des présentations auprès d’organismes publics et des apparitions lors de conférences ainsi que dans des podcasts. Plus de possibilités naîtraient seulement si les essais pilotes de Grashaus Projects étaient approuvés, dont j’ai pu contribuer à la conception. Ensuite, l’éducation pourrait s’appuyer sur un cadre réel et régulé.
La partie la plus concrète de mon travail se situe donc aussi actuellement en Suisse. Pour notre essai pilote là-bas, je crée des formations pour le personnel spécialisé, je les dispense et j’anime des ateliers pour les participants à l’étude. C’est là que le savoir des Ganjiers s’intègre directement dans un modèle légal dès aujourd’hui.
Question 5 : Tests de laboratoire vs. sensorique
Tests de laboratoire vs. évaluation sensorique. Où ces deux mondes se contredisent-ils régulièrement, et quel aspect a davantage de valeur probante en pratique ?
Adele : Les deux mondes se contredisent moins qu’ils ne répondent à des questions différentes. Les analyses de laboratoire sont indispensables en matière de sécurité : contrôles de contamination pour les pesticides, les moisissures ou les métaux lourds, et les valeurs exactes de THC et de CBD. Aucun nez ne peut le faire.
Dès qu’il s’agit de qualité organoleptique, la sensorique est l’instrument le plus précis : l’intensité de l’odeur d’une fleur, la structure de son profil aromatique, la façon dont la texture et la structure de la plante se ressentent. Ces propriétés marquent fortement l’expérience ultérieure, mais n’apparaissent sur aucun certificat de laboratoire. Une fiche technique n’est d’ailleurs qu’une photographie instantanée. Elle ne dit rien sur le déroulement correct du séchage ou sur ce que sentiront les produits dans quelques semaines. Ma règle de base : le laboratoire protège contre les dégâts, la sensorique décrit la qualité. Celui qui travaille professionnellement a besoin des deux.
Question 6 : Styles sous-représentés
Quels styles de cannabis ou profils terpéniques sont sous-représentés en Allemagne en 2026, bien qu’ils seraient sensoriellement captivants ?
Adele : Me manquent surtout les profils olfactifs floraux. Ils pourraient être plus créatifs et raffinés que ce que propose actuellement le marché allemand. Je trouve aussi intéressantes les plantes conçues délibérément pour des indications spécifiques et apportant un profil aromatique ou olfactif correspondant.
Et puis un sujet me tient particulièrement à cœur : ramener les cultivars « anciens ». Les variétés locales avec une teneur en THC plus faible, mais avec des profils caractéristiques développés au fil des générations. Le marché allemand s’oriente fortement vers « plus il y a de THC, mieux c’est ». C’est l’axe le plus ennuyeux pour évaluer le cannabis. Je trouve la diversité du profil terpénique et aromatique bien plus captivante qu’une valeur en principes actifs élevée seule.

Question 7 : Le premier exercice pour les consommateurs
À la Mary Jane, tu parles des bases du métier de Ganjier pour le public. Quel serait le premier exercice que tu recommanderais à chaque consommatrice de cannabis comme première étape à emporter à la maison ?
Adele : D’abord, c’est la loupe. Mon vœu serait que les gens achètent une loupe, regardent attentivement la fleur de cannabis dessous et découvrent les trichomes, ces petites têtes résineuses. C’est une vraie belle tâche, et on apprend énormément sur la qualité. Si les trichomes sont encore complètement en place, c’est très bon signe. Si les têtes de trichomes sont tombées, cela indique une qualité inférieure ou une manipulation inadéquate.
Le deuxième exercice est l’odeur consciente. Cela fonctionne aussi complètement sans consommation. Il s’agit d’identifier et de nommer les différentes couches d’une odeur, puis de continuer à se plonger de plus en plus finement dans les sous-catégories.
Celui qui entraîne son nez et son regard à travers la loupe a déjà les deux outils les plus importants du Ganjier en main.

Question 8 : Horizon de 24 mois
Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.
En savoir plus sur le sujet
- Droit du cannabis 2026 : Olivia Ewenike sur les obstacles des CSC et la télémédecine
- Décontamination microbienne du cannabis médical : Où l’industrie EU traîne réglementairement et qui est responsable
Aux États-Unis, « Ganjier » est l’équivalent du sommelier ou du connaisseur en whisky. En Allemagne, ce métier est à peine connu. Adele Hollmann est la première Ganjier au féminin d’Allemagne, a ouvert la première dispensaire légale de cannabis en Europe en Suisse et travaille aujourd’hui comme Senior Scientific Affairs Manager pour Grashaus Projects et avaay au sein du Sanity Group. Elle combine ainsi un double rôle rare en Allemagne : d’un côté un background de cannabis médical industriel, de l’autre une profondeur sensorielle et une expertise éducative.
Dans une interview écrite avec Hanf Magazin, Hollmann explique la différence pratique entre la dégustation de cannabis et celle du vin, explique pourquoi la plupart des consommateurs et même de nombreux acteurs du secteur sous-estiment les trichomes, situe le rôle des tests de laboratoire par rapport à la sensorique et explique clairement pourquoi le métier de Ganjier n’a pas encore d’infrastructure en Allemagne. Spoiler : ce n’est pas une question de loi, mais de magasins spécialisés qui n’existent pas encore.
Les réponses ont été reçues par écrit et ne sont que très légèrement éditées pour la lisibilité.
💬 En conversation
Adele Hollmann, Senior Scientific Affairs Manager (Grashaus Projects / avaay / Sanity Group), Ganjier
Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. Elle a participé à l’ouverture de la première dispensaire légale de cannabis en Europe en Suisse et anime la communication éducative sur le cannabis d’avaay sous « High Science » sur les réseaux sociaux. Elle parlera des bases du métier de Ganjier pour un large public de cannabis à la Mary Jane Berlin.
Question 1 : Dégustations sans recracher
Tu es la première Ganjier au féminin en Allemagne et tu as aidé à ouvrir la première dispensaire légale d’Europe en Suisse. Comment la dégustation de Ganjier diffère-t-elle pratiquement de celle du vin ou du whisky ?
Adele : La différence pratique avec la dégustation de vin ou de whisky est fondamentale : on ne peut pas recracher la vapeur de cannabis. Celui qui déguste consomme aussi la substance. C’est exactement pour cette raison que les étapes avant l’inhalation sont si importantes pour moi : l’apparence, l’odeur et le dry hit, c’est-à-dire l’inhalation de la fleur sans la brûler. À travers ces trois étapes, on peut déjà apprendre remarquablement beaucoup sur la qualité, sans avoir consommé quoi que ce soit. Une sommelière peut déguster généreusement. Un Ganjier doit observer, sentir et palper d’autant plus attentivement avant que quoi que ce soit ne brûle.
Question 2 : Rôles réalistes sur le marché allemand
Le métier de Ganjier est établi aux États-Unis, mais encore inconnu en Allemagne. Quel rôle réaliste vois-tu pour les Ganjiers sur le marché allemand, dans les pharmacies, dans les CSC, dans le commerce spécialisé ?
Adele : Le métier de Ganjier offre plusieurs domaines d’application. On peut être celui qui approvisionne le marché du cannabis médical, c’est-à-dire qui visite les producteurs, teste la qualité et participe à la décision d’achat. Cette tâche d’approvisionnement est assurée chez nous par mon collègue Tim. Ou on peut aller davantage vers l’éducation et la réduction des risques, jusqu’à la sensibilisation dans les écoles. Pour ma part, je suis clairement attiré par le secteur éducatif.
Bien sûr, il serait beau que les pharmaciens reçoivent plus de formation pour mieux évaluer les produits et conseiller les patients de manière plus ciblée. Cependant, il y a une limite claire : le personnel de pharmacie ne peut pas consommer les produits. Un rôle de Ganjier à la pharmacie serait donc limité à une analyse de qualité qui fonctionnerait entièrement sans consommation, c’est-à-dire avec un microscope et le flair. C’est aussi précieux pour une meilleure compréhension des produits, mais limité.
Dans les Social Clubs, du personnel correctement formé serait certainement un atout, mais le cas d’usage est limité. Le véritable grand besoin naît avec les magasins spécialisés, et il n’y en a pas encore en Allemagne. C’est exactement pour cette raison que je me concentre fortement sur la Suisse en ce moment. C’est là que naissent les essais pilotes et, sur la base de leurs conclusions, on espère bientôt un marché légal à grande échelle, dans lequel on peut non seulement utiliser un système de formation national, mais aussi le façonner activement. Le métier de Ganjier a besoin d’une infrastructure où il est demandé, et cette infrastructure se crée actuellement plutôt en Suisse qu’en Allemagne.

Question 3 : Les trichomes, une catégorie sous-estimée
Quelles catégories sensorielles sont, d’après ton expérience, les moins comprises, chez les consommateurs ET chez les acteurs du secteur ?
Adele : Clairement les trichomes. Beaucoup les ont déjà vus, mais ne peuvent pas vraiment nommer ce qu’ils sont et pourquoi ils sont si importants. Les trichomes sont les petites glandes résineuses de la plante, des minuscules glandes qui contiennent pratiquement tous les principes actifs importants : les cannabinoïdes, les terpènes, les flavonoïdes. Celui qui veut évaluer la qualité d’une fleur regarde d’abord les trichomes.
Les préserver est crucial. Une fleur traitée avec soin garde ses têtes de trichomes complètes. S’ils sont tombés ou frottés, beaucoup de ce qui compte est perdu. C’est exactement ce principe qui se cache derrière des produits comme la résine ou les extraits. Là, seul le « jus de trichomes » est utilisé de manière ciblée, c’est-à-dire le concentré des têtes de glandes. Une fois qu’on a compris que les trichomes sont vraiment ce qui a de la valeur, le regard change sur chaque produit.

Question 4 : Formats éducatifs chez avaay et Sanity Group
Sanity Group et avaay sont ton cadre actuel. Quels formats éducatifs concrets construisez-vous pour le marché allemand, dans lesquels le savoir des Ganjiers s’intègre ?
Adele : Le format le plus important est notre canal de médias sociaux « High Science », que je gère pour avaay, l’une de nos marques de cannabis médical. J’y explique le cannabis de A à Z, la botanique, le mode d’action, la qualité et l’utilisation responsable, dans une langue compréhensible sans connaissances préalables.
S’ajoutent à cela des présentations auprès d’organismes publics et des apparitions lors de conférences ainsi que dans des podcasts. Plus de possibilités naîtraient seulement si les essais pilotes de Grashaus Projects étaient approuvés, dont j’ai pu contribuer à la conception. Ensuite, l’éducation pourrait s’appuyer sur un cadre réel et régulé.
La partie la plus concrète de mon travail se situe donc aussi actuellement en Suisse. Pour notre essai pilote là-bas, je crée des formations pour le personnel spécialisé, je les dispense et j’anime des ateliers pour les participants à l’étude. C’est là que le savoir des Ganjiers s’intègre directement dans un modèle légal dès aujourd’hui.
Question 5 : Tests de laboratoire vs. sensorique
Tests de laboratoire vs. évaluation sensorique. Où ces deux mondes se contredisent-ils régulièrement, et quel aspect a davantage de valeur probante en pratique ?
Adele : Les deux mondes se contredisent moins qu’ils ne répondent à des questions différentes. Les analyses de laboratoire sont indispensables en matière de sécurité : contrôles de contamination pour les pesticides, les moisissures ou les métaux lourds, et les valeurs exactes de THC et de CBD. Aucun nez ne peut le faire.
Dès qu’il s’agit de qualité organoleptique, la sensorique est l’instrument le plus précis : l’intensité de l’odeur d’une fleur, la structure de son profil aromatique, la façon dont la texture et la structure de la plante se ressentent. Ces propriétés marquent fortement l’expérience ultérieure, mais n’apparaissent sur aucun certificat de laboratoire. Une fiche technique n’est d’ailleurs qu’une photographie instantanée. Elle ne dit rien sur le déroulement correct du séchage ou sur ce que sentiront les produits dans quelques semaines. Ma règle de base : le laboratoire protège contre les dégâts, la sensorique décrit la qualité. Celui qui travaille professionnellement a besoin des deux.
Question 6 : Styles sous-représentés
Quels styles de cannabis ou profils terpéniques sont sous-représentés en Allemagne en 2026, bien qu’ils seraient sensoriellement captivants ?
Adele : Me manquent surtout les profils olfactifs floraux. Ils pourraient être plus créatifs et raffinés que ce que propose actuellement le marché allemand. Je trouve aussi intéressantes les plantes conçues délibérément pour des indications spécifiques et apportant un profil aromatique ou olfactif correspondant.
Et puis un sujet me tient particulièrement à cœur : ramener les cultivars « anciens ». Les variétés locales avec une teneur en THC plus faible, mais avec des profils caractéristiques développés au fil des générations. Le marché allemand s’oriente fortement vers « plus il y a de THC, mieux c’est ». C’est l’axe le plus ennuyeux pour évaluer le cannabis. Je trouve la diversité du profil terpénique et aromatique bien plus captivante qu’une valeur en principes actifs élevée seule.

Question 7 : Le premier exercice pour les consommateurs
À la Mary Jane, tu parles des bases du métier de Ganjier pour le public. Quel serait le premier exercice que tu recommanderais à chaque consommatrice de cannabis comme première étape à emporter à la maison ?
Adele : D’abord, c’est la loupe. Mon vœu serait que les gens achètent une loupe, regardent attentivement la fleur de cannabis dessous et découvrent les trichomes, ces petites têtes résineuses. C’est une vraie belle tâche, et on apprend énormément sur la qualité. Si les trichomes sont encore complètement en place, c’est très bon signe. Si les têtes de trichomes sont tombées, cela indique une qualité inférieure ou une manipulation inadéquate.
Le deuxième exercice est l’odeur consciente. Cela fonctionne aussi complètement sans consommation. Il s’agit d’identifier et de nommer les différentes couches d’une odeur, puis de continuer à se plonger de plus en plus finement dans les sous-catégories.
Celui qui entraîne son nez et son regard à travers la loupe a déjà les deux outils les plus importants du Ganjier en main.

Question 8 : Horizon de 24 mois
Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.
En savoir plus sur le sujet
- Droit du cannabis 2026 : Olivia Ewenike sur les obstacles des CSC et la télémédecine
- Décontamination microbienne du cannabis médical : Où l’industrie EU traîne réglementairement et qui est responsable
Aux États-Unis, « Ganjier » est l’équivalent du sommelier ou du connaisseur en whisky. En Allemagne, ce métier est à peine connu. Adele Hollmann est la première Ganjier au féminin d’Allemagne, a ouvert la première dispensaire légale de cannabis en Europe en Suisse et travaille aujourd’hui comme Senior Scientific Affairs Manager pour Grashaus Projects et avaay au sein du Sanity Group. Elle combine ainsi un double rôle rare en Allemagne : d’un côté un background de cannabis médical industriel, de l’autre une profondeur sensorielle et une expertise éducative.
Dans une interview écrite avec Hanf Magazin, Hollmann explique la différence pratique entre la dégustation de cannabis et celle du vin, explique pourquoi la plupart des consommateurs et même de nombreux acteurs du secteur sous-estiment les trichomes, situe le rôle des tests de laboratoire par rapport à la sensorique et explique clairement pourquoi le métier de Ganjier n’a pas encore d’infrastructure en Allemagne. Spoiler : ce n’est pas une question de loi, mais de magasins spécialisés qui n’existent pas encore.
Les réponses ont été reçues par écrit et ne sont que très légèrement éditées pour la lisibilité.
💬 En conversation
Adele Hollmann, Senior Scientific Affairs Manager (Grashaus Projects / avaay / Sanity Group), Ganjier
Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. Elle a participé à l’ouverture de la première dispensaire légale de cannabis en Europe en Suisse et anime la communication éducative sur le cannabis d’avaay sous « High Science » sur les réseaux sociaux. Elle parlera des bases du métier de Ganjier pour un large public de cannabis à la Mary Jane Berlin.
Question 1 : Dégustations sans recracher
Tu es la première Ganjier au féminin en Allemagne et tu as aidé à ouvrir la première dispensaire légale d’Europe en Suisse. Comment la dégustation de Ganjier diffère-t-elle pratiquement de celle du vin ou du whisky ?
Adele : La différence pratique avec la dégustation de vin ou de whisky est fondamentale : on ne peut pas recracher la vapeur de cannabis. Celui qui déguste consomme aussi la substance. C’est exactement pour cette raison que les étapes avant l’inhalation sont si importantes pour moi : l’apparence, l’odeur et le dry hit, c’est-à-dire l’inhalation de la fleur sans la brûler. À travers ces trois étapes, on peut déjà apprendre remarquablement beaucoup sur la qualité, sans avoir consommé quoi que ce soit. Une sommelière peut déguster généreusement. Un Ganjier doit observer, sentir et palper d’autant plus attentivement avant que quoi que ce soit ne brûle.
Question 2 : Rôles réalistes sur le marché allemand
Le métier de Ganjier est établi aux États-Unis, mais encore inconnu en Allemagne. Quel rôle réaliste vois-tu pour les Ganjiers sur le marché allemand, dans les pharmacies, dans les CSC, dans le commerce spécialisé ?
Adele : Le métier de Ganjier offre plusieurs domaines d’application. On peut être celui qui approvisionne le marché du cannabis médical, c’est-à-dire qui visite les producteurs, teste la qualité et participe à la décision d’achat. Cette tâche d’approvisionnement est assurée chez nous par mon collègue Tim. Ou on peut aller davantage vers l’éducation et la réduction des risques, jusqu’à la sensibilisation dans les écoles. Pour ma part, je suis clairement attiré par le secteur éducatif.
Bien sûr, il serait beau que les pharmaciens reçoivent plus de formation pour mieux évaluer les produits et conseiller les patients de manière plus ciblée. Cependant, il y a une limite claire : le personnel de pharmacie ne peut pas consommer les produits. Un rôle de Ganjier à la pharmacie serait donc limité à une analyse de qualité qui fonctionnerait entièrement sans consommation, c’est-à-dire avec un microscope et le flair. C’est aussi précieux pour une meilleure compréhension des produits, mais limité.
Dans les Social Clubs, du personnel correctement formé serait certainement un atout, mais le cas d’usage est limité. Le véritable grand besoin naît avec les magasins spécialisés, et il n’y en a pas encore en Allemagne. C’est exactement pour cette raison que je me concentre fortement sur la Suisse en ce moment. C’est là que naissent les essais pilotes et, sur la base de leurs conclusions, on espère bientôt un marché légal à grande échelle, dans lequel on peut non seulement utiliser un système de formation national, mais aussi le façonner activement. Le métier de Ganjier a besoin d’une infrastructure où il est demandé, et cette infrastructure se crée actuellement plutôt en Suisse qu’en Allemagne.

Question 3 : Les trichomes, une catégorie sous-estimée
Quelles catégories sensorielles sont, d’après ton expérience, les moins comprises, chez les consommateurs ET chez les acteurs du secteur ?
Adele : Clairement les trichomes. Beaucoup les ont déjà vus, mais ne peuvent pas vraiment nommer ce qu’ils sont et pourquoi ils sont si importants. Les trichomes sont les petites glandes résineuses de la plante, des minuscules glandes qui contiennent pratiquement tous les principes actifs importants : les cannabinoïdes, les terpènes, les flavonoïdes. Celui qui veut évaluer la qualité d’une fleur regarde d’abord les trichomes.
Les préserver est crucial. Une fleur traitée avec soin garde ses têtes de trichomes complètes. S’ils sont tombés ou frottés, beaucoup de ce qui compte est perdu. C’est exactement ce principe qui se cache derrière des produits comme la résine ou les extraits. Là, seul le « jus de trichomes » est utilisé de manière ciblée, c’est-à-dire le concentré des têtes de glandes. Une fois qu’on a compris que les trichomes sont vraiment ce qui a de la valeur, le regard change sur chaque produit.

Question 4 : Formats éducatifs chez avaay et Sanity Group
Sanity Group et avaay sont ton cadre actuel. Quels formats éducatifs concrets construisez-vous pour le marché allemand, dans lesquels le savoir des Ganjiers s’intègre ?
Adele : Le format le plus important est notre canal de médias sociaux « High Science », que je gère pour avaay, l’une de nos marques de cannabis médical. J’y explique le cannabis de A à Z, la botanique, le mode d’action, la qualité et l’utilisation responsable, dans une langue compréhensible sans connaissances préalables.
S’ajoutent à cela des présentations auprès d’organismes publics et des apparitions lors de conférences ainsi que dans des podcasts. Plus de possibilités naîtraient seulement si les essais pilotes de Grashaus Projects étaient approuvés, dont j’ai pu contribuer à la conception. Ensuite, l’éducation pourrait s’appuyer sur un cadre réel et régulé.
La partie la plus concrète de mon travail se situe donc aussi actuellement en Suisse. Pour notre essai pilote là-bas, je crée des formations pour le personnel spécialisé, je les dispense et j’anime des ateliers pour les participants à l’étude. C’est là que le savoir des Ganjiers s’intègre directement dans un modèle légal dès aujourd’hui.
Question 5 : Tests de laboratoire vs. sensorique
Tests de laboratoire vs. évaluation sensorique. Où ces deux mondes se contredisent-ils régulièrement, et quel aspect a davantage de valeur probante en pratique ?
Adele : Les deux mondes se contredisent moins qu’ils ne répondent à des questions différentes. Les analyses de laboratoire sont indispensables en matière de sécurité : contrôles de contamination pour les pesticides, les moisissures ou les métaux lourds, et les valeurs exactes de THC et de CBD. Aucun nez ne peut le faire.
Dès qu’il s’agit de qualité organoleptique, la sensorique est l’instrument le plus précis : l’intensité de l’odeur d’une fleur, la structure de son profil aromatique, la façon dont la texture et la structure de la plante se ressentent. Ces propriétés marquent fortement l’expérience ultérieure, mais n’apparaissent sur aucun certificat de laboratoire. Une fiche technique n’est d’ailleurs qu’une photographie instantanée. Elle ne dit rien sur le déroulement correct du séchage ou sur ce que sentiront les produits dans quelques semaines. Ma règle de base : le laboratoire protège contre les dégâts, la sensorique décrit la qualité. Celui qui travaille professionnellement a besoin des deux.
Question 6 : Styles sous-représentés
Quels styles de cannabis ou profils terpéniques sont sous-représentés en Allemagne en 2026, bien qu’ils seraient sensoriellement captivants ?
Adele : Me manquent surtout les profils olfactifs floraux. Ils pourraient être plus créatifs et raffinés que ce que propose actuellement le marché allemand. Je trouve aussi intéressantes les plantes conçues délibérément pour des indications spécifiques et apportant un profil aromatique ou olfactif correspondant.
Et puis un sujet me tient particulièrement à cœur : ramener les cultivars « anciens ». Les variétés locales avec une teneur en THC plus faible, mais avec des profils caractéristiques développés au fil des générations. Le marché allemand s’oriente fortement vers « plus il y a de THC, mieux c’est ». C’est l’axe le plus ennuyeux pour évaluer le cannabis. Je trouve la diversité du profil terpénique et aromatique bien plus captivante qu’une valeur en principes actifs élevée seule.

Question 7 : Le premier exercice pour les consommateurs
À la Mary Jane, tu parles des bases du métier de Ganjier pour le public. Quel serait le premier exercice que tu recommanderais à chaque consommatrice de cannabis comme première étape à emporter à la maison ?
Adele : D’abord, c’est la loupe. Mon vœu serait que les gens achètent une loupe, regardent attentivement la fleur de cannabis dessous et découvrent les trichomes, ces petites têtes résineuses. C’est une vraie belle tâche, et on apprend énormément sur la qualité. Si les trichomes sont encore complètement en place, c’est très bon signe. Si les têtes de trichomes sont tombées, cela indique une qualité inférieure ou une manipulation inadéquate.
Le deuxième exercice est l’odeur consciente. Cela fonctionne aussi complètement sans consommation. Il s’agit d’identifier et de nommer les différentes couches d’une odeur, puis de continuer à se plonger de plus en plus finement dans les sous-catégories.
Celui qui entraîne son nez et son regard à travers la loupe a déjà les deux outils les plus importants du Ganjier en main.

Question 8 : Horizon de 24 mois
Où te vois-tu professionnellement dans 24 mois, et que doit-il se passer en Allemagne pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici ?
Adele : Mon plus grand souhait : que les essais pilotes en Allemagne soient approuvés. Cela nous donnerait la base légale, les premiers magasins où la légalisation responsable peut s’éprouver pratiquement, et un véritable besoin de personnel spécialisé à former. C’est là que je voudrais très volontiers contribuer et promouvoir le métier non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.
Au cours des deux prochaines années, je me vois aussi largement en Suisse. C’est là que naissent les essais pilotes et le marché légal potentiel avec un système de formation national planifié. Je voudrais transférer ce modèle en Allemagne.
Pour que le métier de Ganjier s’établisse institutionnellement ici, il faut surtout une première étape : des essais pilotes approuvés. Cela crée de l’infrastructure, des magasins spécialisés, le besoin de formation, un secteur professionnel qui forme le personnel spécialisé. Le métier ne naît pas d’une loi seule, mais du fait qu’il existe un endroit où il est vraiment demandé.
Hast du schon mal von dem Beruf Ganjier gehört?
Note : L’interview a été menée par écrit. Les réponses ont été légèrement éditées pour la lisibilité et l’orthographe, sans modifications de contenu. Adele Hollmann est Senior Scientific Affairs Manager chez Grashaus Projects, avaay et Sanity Group, ainsi que Ganjier certifiée. À la Mary Jane Berlin, elle parle des bases du métier de Ganjier pour les consommateurs de cannabis. Pour plus d’informations : canal avaay « High Science » sur les réseaux sociaux et sanitygroup.com.










































