Ce que la Cour de Cassation a décidé sur les fleurs de chanvre
La quatrième section pénale de la Corte di Cassazione s’est penchée sur une affaire où un tribunal inférieur avait refusé de restituer des fleurs de chanvre saisies. Ce qui est remarquable dans cette situation, c’est que les experts mandatés par le ministère public lui-même avaient conclu que le matériel saisi ne pouvait produire aucun effet psychoactif. La cour a néanmoins conservé le produit, se fondant uniquement sur la nouvelle situation juridique.
📑 Inhaltsverzeichnis
- Ce que la Cour de Cassation a décidé sur les fleurs de chanvre
- Comment l’interdiction des fleurs en Italie s’est mise en place en 2025
- 730 kilogrammes restitués : la pratique devant les tribunaux
- La Cour constitutionnelle et la CJUE trancheront le reste
- Ce que cette affaire signifie pour le marché germanophone
- Questions fréquemment posées
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C’est précisément cet automatisme que la Cour de Cassation a annulé. Une interdiction basée sur l’appartenance à une catégorie de plantes ne remplace pas, selon cette interprétation, la preuve du danger dans chaque cas particulier. Les juges exigent donc un examen concret plutôt qu’une présomption générale. En pratique, cela signifie que les autorités d’enquête devront désormais démontrer pourquoi précisément les fleurs saisies sont susceptibles de produire un effet psychoactif.
Comment l’interdiction des fleurs en Italie s’est mise en place en 2025
Le conflit repose sur l’article 18 du décret-loi 48/2025, que le gouvernement de Giorgia Meloni a adopté en avril 2025 en tant que décret de sécurité. L’article a exclu les fleurs de chanvre du champ de protection de la loi sur le chanvre industriel et les a soumises à la législation sur les stupéfiants. Du jour au lendemain, cela a anéanti la base juridique d’une industrie qui s’appuyait depuis 2016 sur une loi agricole spécifique. Nous avons décrit ce processus à l’époque dans notre analyse sur la manière dont l’Italie classe le CBD comme stupéfiant.
Le différend n’était en aucun cas nouveau. Des années auparavant, le Conseil supérieur de la santé avait recommandé une interdiction de vente, et la résistance politique à une interdiction des fleurs de chanvre industriel a accompagné chacune de ces étapes. Le secteur économique a également une longue préhistoire, de la question de la manière dont l’Italie couvre ses besoins en cannabis médical par les importations, jusqu’aux cas où le chanvre légal a été censuré sur les plateformes. Le secteur lutte en Italie depuis des années pour la sécurité juridique.
730 kilogrammes restitués : la pratique devant les tribunaux
L’association professionnelle Canapa Sativa Italia dénombre désormais 18 procédures dans lesquelles les tribunaux ont ordonné la restitution de marchandises saisies. Au total, il s’agit d’au moins 730 kilogrammes de fleurs de chanvre. Ce chiffre décrit le cœur du problème mieux que n’importe quel débat de principe. Une interdiction qui échoue régulièrement avant les tribunaux produit surtout des dommages économiques aux entreprises dont les marchandises restent des mois dans des chambres de pièces à conviction.
Pour les entreprises concernées, le facteur temps est décisif. Les fleurs de chanvre sont un produit agricole périssable. Même une restitution réussie après six mois ne compense pas le chiffre d’affaires perdu, et les frais de procédure sont initialement supportés par l’entreprise. L’arrêt de la Cour de Cassation déplace du moins la charge de la preuve vers le côté des enquêteurs.
La Cour constitutionnelle et la CJUE trancheront le reste
Le différend est loin d’être terminé, car deux grandes procédures se déroulent en parallèle. Trois juges italiens ont soumis des questions préjudicielles à la Cour constitutionnelle au sujet de l’interdiction des fleurs. L’audience publique est prévue pour le 21 octobre. Si la cour déclare le décret totalement ou partiellement inconstitutionnel, la base juridique des saisies disparaîtrait.
De plus, une affaire est en cours devant la Cour de justice de l’Union européenne. La question porte sur la compatibilité des restrictions italiennes avec la politique agricole commune. Le chanvre industriel est une culture réglementée par le droit de l’Union, et la libre circulation des marchandises dans le marché intérieur est un argument de poids contre les initiatives nationales isolées. Un jugement de Luxembourg aurait des répercussions bien au-delà de l’Italie.
Ce que cette affaire signifie pour le marché germanophone
Le modèle est bien connu dans l’espace germanophone. Ici aussi, les autorités ont à plusieurs reprises tenté d’éliminer les fleurs CBD du marché en contournant les législations sur les stupéfiants ou l’alimentation, et ici aussi, les tribunaux ont ultérieurement corrigé cette pratique. L’affaire italienne montre à quel point une interdiction doit être robuste pour englober une catégorie de produits entière. Sans la preuve d’un véritable effet psychoactif, elle reste contestable.
Pour les importateurs et les commerçants, le niveau européen est également intéressant. Si le Luxembourg décide qu’un État membre ne peut pas simplement soustraire les fleurs de chanvre au champ d’application des règles agricoles, cela change la position de négociation dans tout différend national comparable. Jusque-là, la situation en Italie reste ce qu’elle est depuis avril 2025. Floue, mais se modifiant progressivement en faveur du secteur.
Questions fréquemment posées
Les fleurs de chanvre sont-elles à nouveau légales en Italie ?
Non. L’interdiction du décret-loi 48/2025 reste en vigueur. La Cour de Cassation a simplement décidé qu’une saisie n’est pas automatiquement maintenue. Les autorités doivent démontrer au cas par cas que les marchandises saisies peuvent produire un effet psychoactif.
Que dit exactement l’arrêt n° 25539/2026 ?
La quatrième section pénale a clarifié que la simple appartenance d’un produit à la catégorie interdite ne remplace pas l’examen de son effet réel. Dans l’affaire en question, même les experts du ministère public avaient exclu tout effet psychoactif. Le refus de restitution n’était donc pas justifié.
Quand la Cour constitutionnelle italienne se prononcera-t-elle ?
L’audience publique sur les questions préjudicielles posées par trois juges est prévue pour le 21 octobre. Un jugement suit généralement quelques semaines plus tard. S’il est défavorable au décret, la base des saisies précédentes disparaîtrait.
Quel est le rôle de la Cour de justice de l’Union européenne ?
Une affaire est en cours devant la CJUE concernant la question de la compatibilité des restrictions italiennes avec le droit de la politique agricole commune. Le chanvre industriel est une culture réglementée par le droit de l’Union. Un jugement aurait donc une portée indicative pour tous les États membres ayant adopté leurs propres interdictions de fleurs.
Cet arrêt affecte-t-il également les commerçants allemands ou autrichiens ?
Pas directement, car le droit italien s’applique. Cependant, quiconque livre vers l’Italie ou s’y approvisionne bénéficie d’une meilleure pratique de restitution. Indirectement, l’affaire est également pertinente car elle montre quelle charge de preuve les autorités doivent supporter en cas d’interdiction catégorique.
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Sources : HempToday, Corte di Cassazione (arrêt n° 25539/2026), Canapa Sativa Italia, décret-loi 48/2025.





































