Ce que l’étude Ekocan a examiné concernant les hospitalisations
L’étude fait partie du projet de recherche Ekocan, lancé par le ministère fédéral allemand de la Santé en 2024. Elle est dirigée par Jakob Manthey à l’hôpital universitaire Eppendorf de Hambourg. Pour cette analyse, les chercheurs ont utilisé les données de facturation des caisses d’assurance maladie obligatoires de janvier 2022 à septembre 2025.
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Seuls les séjours hospitaliers ayant reçu un diagnostic lié au cannabis comme diagnostic principal ont été pris en compte. Cela inclut les codes CIM-10 F12.0 à F12.9 ainsi que T40.7. Au total, 77 232 admissions hospitalières ont été analysées. Les chercheurs ont comparé les périodes de douze mois avant et après l’entrée en vigueur de la loi sur le cannabis.
Une augmentation marquée des intoxications et psychoses

Chez les adultes, le nombre total d’admissions liées au cannabis a augmenté de 5,6 %. Cela représente environ 1 359 cas hospitaliers supplémentaires au cours de l’année suivant le changement législatif. Le taux hebdomadaire pour 1 000 admissions hospitalières a augmenté de 1,12 à 1,27.
Deux groupes de diagnostics se sont particulièrement démarqués. Les intoxications aiguës ont augmenté de 37,1 %, tandis que les psychoses induites par le cannabis ont augmenté de 16,4 %. Ces deux catégories sont les principaux moteurs de cette augmentation globale. Pour mieux comprendre les psychoses induites par le cannabis, notre panorama sur le cannabis et les psychoses présente les principaux groupes à risque. Une étude Vanderbilt sur la consommation combinée a montré récemment que l’association du cannabis et du tabac augmente encore le risque de psychose chez les personnes prédisposées.
Chez les adolescents, un effet seulement temporaire

Chez les adolescents, le tableau est différent. Peu après la légalisation partielle, le nombre d’admissions a d’abord augmenté de 14,9 %. Cet effet s’est toutefois affaibli semaine après semaine de 0,4 points de pourcentage et a disparu après environ 35 semaines. Sur douze mois, cela a représenté environ 91 cas supplémentaires. Le taux hebdomadaire a augmenté de 1,07 à 1,22 pour 1 000 admissions.
Ce résultat est cohérent avec d’autres enquêtes qui n’ont trouvé aucune augmentation durable de la consommation chez les mineurs. Ce pic transitoire suggère plutôt un effet de curiosité à court terme qu’un changement de comportement durable. Pour la prévention, ce groupe d’âge reste néanmoins au centre de l’attention.
Comment les chercheurs interprètent ces chiffres

Les auteurs de l’étude exhortent à la prudence dans l’interprétation des résultats. À partir des données de facturation, on ne peut pas conclure avec certitude que le changement législatif est la seule cause. La consommation de cannabis dans la population n’a augmenté que modérément depuis avril 2024. L’étude conclut que les résultats indiquent un effet immédiat modéré du changement législatif sur le nombre d’admissions hospitalières spécifiques au cannabis chez les adultes.
Les chercheurs citent comme facteurs possibles la plus grande disponibilité du cannabis médical hautement puissant ainsi que le débat public qui aurait pu inciter certaines personnes à essayer. En parallèle, l’État renforce la recherche d’accompagnement. L‘organisation fédérale BLE a récemment approuvé les quatre premiers projets de recherche sur le cannabis. L’impact de la légalisation sur le marché noir a également été examiné dans le rapport intermédiaire du CanG.
Pour le système de santé, cela pose une double responsabilité. D’un côté, il y a l’intérêt médical, par exemple dans le traitement des douleurs chroniques ou du TSPT. De l’autre, une information fiable sur le dosage et les risques est nécessaire pour éviter une augmentation des incidents aigus. Des conclusions solides sur l’évolution à long terme ne seront possibles qu’avec plusieurs années de données.
Questions fréquentes
De combien les hospitalisations liées au cannabis ont-elles augmenté ?
Chez les adultes, le nombre total d’hospitalisations liées au cannabis a augmenté de 5,6 % au cours de l’année suivant la légalisation partielle. Cela représente environ 1 359 cas supplémentaires. Les intoxications aiguës ont particulièrement augmenté de 37,1 % et les psychoses induites par le cannabis de 16,4 %.
Cette augmentation signifie-t-elle que la légalisation en est responsable ?
Pas nécessairement. L’étude montre une corrélation temporelle, mais ne peut pas prouver la causalité. Les auteurs soulignent que la consommation globale n’a augmenté que modérément et que plusieurs facteurs pourraient intervenir, comme une meilleure disponibilité du cannabis médical hautement puissant.
Les adolescents sont-ils plus fortement touchés ?
Non. Bien qu’il y ait d’abord eu une augmentation de 14,9 % chez les adolescents, celle-ci a disparu après environ 35 semaines. Sur toute l’année, cela ne représente que quelque 91 admissions supplémentaires. L’effet était donc seulement temporaire.
Qu’est-ce que les psychoses induites par le cannabis ?
Il s’agit d’états psychotiques survenant peu de temps après la consommation. Les symptômes typiques incluent des troubles de la perception, des délires ou une grande agitation. Les personnes ayant une prédisposition génétique et celles consommant des produits hautement puissants sont particulièrement à risque.
Qui a mené cette étude ?
L’étude a été réalisée par le Centre de recherche interdisciplinaire sur les addictions à l’hôpital universitaire Eppendorf de Hambourg dans le cadre du projet Ekocan. Ce projet accompagne, à la demande du ministère fédéral de la Santé, les conséquences de la loi sur le cannabis. Les résultats ont été publiés dans le Deutsche Ärzteblatt (journal allemand de la médecine).
Überrascht dich der Anstieg cannabisbezogener Klinikeinweisungen seit April 2024?
Sources : Deutsches Ärzteblatt (étude ZIS/Ekocan, Manthey et al.), Centre de recherche interdisciplinaire sur les addictions à l’UKE.



































