Hanf Magazin
📑 Inhaltsverzeichnis
- Claude en arrière-plan : 20 euros par personne au lieu de plusieurs heures de travail bénévole
- Aéroponique, Aachen, mise à l’échelle
- Moins de 2 euros par gramme : comment un CSC casse les prix
- Le procès sur la TVA : pourquoi Lunte d’Alsdorf attaque l’administration fiscale
- Claude en arrière-plan : 20 euros par personne au lieu de plusieurs heures de travail bénévole
- Aéroponique, Aachen, mise à l’échelle
- Moins de 2 euros par gramme : comment un CSC casse les prix
- Le procès sur la TVA : pourquoi Lunte d’Alsdorf attaque l’administration fiscale
- Claude en arrière-plan : 20 euros par personne au lieu de plusieurs heures de travail bénévole
- Aéroponique, Aachen, mise à l’échelle
- 💬 Fragen? Frag den Hanf-Buddy!
Où en est le procès à la date de recherche ?
Manuel Nilsson
Nous attendons le rejet négatif contre notre recours. La demande au tribunal est prête et tout est déjà payé. Nous attendons patiemment depuis environ six mois. Entre-temps, une gentille lettre du fisc est arrivée nous demandant aimablement si nous voudrions retirer le procès. Nous ne le souhaitons pas. Cela ne peut pas aller assez vite pour moi.
Hanf Magazin
Comment vos avocats évaluent-ils la probabilité de succès ? Nous ne voulons pas le présenter comme David contre Goliath si les faits disent autre chose.
Manuel Nilsson
Juridiquement c’est clair, y compris avec précédent. Au niveau du droit international, donc aussi européen, la question est réglée. Le commerce du cannabis pour la consommation ne peut pas être assujetti à une TVA. Cela nécessite le commerce légal et libre des marchandises, et le commerce du cannabis n’a pas été légalisé. Mais avoir raison et obtenir raison sont deux choses différentes. Dans ce procès, il s’agit de rien de moins que de toutes les recettes de TVA de tous les CSC en Allemagne depuis la légalisation. C’est maintenant plus qu’une bagatelle. On quitte les sphères où il s’agit principalement de lois, et on entre dans celles où des sommes si élevées et une perte de face sont en jeu que la justice peut se mettre des œillères. Notre avocat et nous sommes en tout cas plus qu’impatients de voir comment le serpent essaiera de se sortir du piège.
Hanf Magazin
Que se passe-t-il pour vos membres si vous perdez et devez rembourser ?
Manuel Nilsson
Avec nos prix, la TVA ne joue aucun rôle décisif. Une association qui vend du cannabis dix euros par gramme a autant de TVA que tout notre prix. Même si nous perdons, il ne se passe pas vraiment quelque chose. Nous virions la TVA par prudence et marquons chaque transmission ELSTER en indiquant que nous sommes d’une autre opinion juridique. Si nous perdons, il s’agit seulement des frais de procédure, ce ne sera que quelques milliers d’euros. Si nous gagnons, la TVA est remboursée avec intérêts et une partie des frais d’avocat. C’est une question de principe. Je n’ai rien contre une taxe sur le cannabis, ce serait légal et juste. Contre une directive qui viole la loi en vigueur au détriment de nos membres, si.
Si l’association gagnait, selon ses calculs, toutes les recettes de TVA de tous les Cannabis Social Clubs allemands depuis le 1er avril 2024 seraient remboursables. Le procès ne se limite donc pas au budget de l’association elle-même, mais aurait un effet à l’échelle de la branche. Trois scénarios sont esquissés publiquement par le conseil d’administration. Dans le premier cas, l’association gagne, le législateur réagit par une nouvelle réglementation du commerce du cannabis et permet ainsi à terme des magasins spécialisés. Dans le deuxième, l’association gagne, l’État introduit sa propre taxe sur le cannabis, ce que l’association accepterait juridiquement. Dans le troisième cas, l’association perd, tout reste comme avant, les frais de procédure sont estimés par le conseil d’administration à quelques milliers d’euros.
Manuel Nilsson justifie sa persévérance par une position politique qu’il énonce ouvertement :
Les consommateurs de cannabis ont subi assez de discriminations. Plus qu’assez. Ce n’est pas possible que cela continue sans honte. C’est catégoriquement exclu que je regarde passivement tandis qu’on fait du tort à mes membres. Peu importe si c’est l’autorité de délivrance, la police municipale, le service d’urbanisme, l’administration fiscale ou l’État.
Manuel Nilsson, président Lunte d’Alsdorf e.V.
Claude en arrière-plan : 20 euros par personne au lieu de plusieurs heures de travail bénévole
Le troisième pilier inhabuel de la Lunte d’Alsdorf ne se situe ni en droit ni en prix, mais dans l’automatisation du back-office. Selon le conseil d’administration, l’association fonctionne opérationnellement via le système d’IA Claude d’Anthropic, intégré dans une pile Microsoft 365 OneDrive avec protection des données conforme au RGPD. Manuel Nilsson chiffre les coûts à environ 20 euros par personne et par mois pour les membres du conseil qui utilisent activement le système.
Le domaine des tâches comprend selon la liste du conseil d’administration quatre domaines principaux. Premièrement, la comptabilité, y compris la correction de TVA. Deuxièmement, la gestion des comptes personnels, c’est-à-dire les soldes par membre, alimentés par les cotisations importées. Troisièmement, la création de la liste de distribution qui doit documenter selon KCanG quel membre a retiré quand combien de cannabis. Quatrièmement, la numérisation mobile des reçus, où les membres du conseil photographient les tickets de caisse en déplacement et le système classe automatiquement les reçus dans le flux de comptabilité. Les compétences ont été construites par Manuel lui-même, sans expérience de programmation.

À propos de ce qui est exactement automatisé, comment l’association limite les hallucinations et pourquoi pas une solution logicielle sectorielle prête à l’emploi, le conseil d’administration répond en détail :
Hanf Magazin
Qu’avez-vous automatisé exactement, qu’avez-vous non ? Soyez concrets.
Manuel Nilsson
J’ai développé les compétences avec Claude, sans pouvoir programmer moi-même. Nous avons deux types de compétences : déterministes et agents. Déterministe est tout ce qui existe sous forme de petit programme Python. L’import de CSV du relevé de compte, le comptabilisation des cotisations dans les comptes personnels, la création et la suppression de membres. Agents est tout ce que l’IA doit décider elle-même. Les reçus sont jetés en photo dans le chat, Claude reconnaît la somme et la date, cherche la ligne correspondante dans la comptabilité et crée un lien hypertexte. La personne doit confirmer que c’est correct. Si l’IA hallucine une ligne, on le voit tout de suite parce que deux numéros de membres ou deux montants ne correspondent pas. C’est toujours en tandem avec l’homme.
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Comment évitez-vous les hallucinations en comptabilité ? Une TVA mal calculée peut devenir une bombe fiscal.
Manuel Nilsson
Les hallucinations ne semblent plus si dangereuses quand on a essayé pendant un demi-an de faire exactement cela avec des membres qui n’ont aucune idée d’Excel ou de comptabilité. Si tu le laisses faire par des membres, il y a toujours des signes faux, des comptabilisations oubliées et des erreurs de saisie. Au final, on ne peut pas exclure les hallucinations, mais on peut les anticiper. La réponse est Human-in-the-Loop, des sauvegardes, même des sauvegardes auxquelles l’IA n’a pas accès, pour que l’homme puisse bien vérifier, laisser l’IA se vérifier elle-même et du code prêt là où du code prêt peut être utilisé. Ce dernier point est pratiquement toujours le cas dans notre comptabilité. Si je donne simplement à Claude un CSV et dis « mets-moi ça dans l’Excel de comptabilité », alors il peut deviner partout. À la place, je le laisse écrire un script Python qui a exactement cette fonction : colonne X du fichier dans colonne Y. Au lieu de 70 comptabilisations qui peuvent échouer individuellement, maintenant seule l’absence de lancement du script peut échouer. On voit très facilement ce dernier. Soit le mois est là, soit il ne l’est pas. Dans notre utilisation d’IA, il n’est pas prévu qu’elle agisse sans contrôle et sans l’homme.
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Protection des données : Comment résolvez-vous le RGPD si vous n’avez pas de contrat de traitement des données avec Anthropic ?
Manuel Nilsson
Nous avons deux points de confiance : Microsoft et Strato. Claude n’est pas un point de confiance parce que j’ai fait ce qu’une personne sensée fait quand on rencontre le RGPD : partir, si possible. Privacy by design. Claude a affaire aux numéros de membres et non aux noms. Claude n’a pas accès à tout, il a son domaine, il peut y accéder, mais seules trois personnes ont accès à la liste des membres. En bref : import CSV par programme, comptabilité sans noms mais avec numéros de membres, les comptes personnels n’ont pas non plus de vrais noms. Si nous voulons imprimer la liste de distribution, nous devons d’abord ouvrir notre propre programme qui interroge le compte personnel et produit les noms. Jusqu’à présent, je n’ai trouvé aucun moyen de le contourner. Nous utilisons réellement Claude privé, chacun pour soi. Enterprise me semble trop cher pour notre cas d’usage. OneDrive est commercial et conforme au RGPD, c’est Microsoft 365 Business Standard.
Hanf Magazin
Question des fournisseurs. Il y a des fournisseurs prêts comme Cannanas ou Hanfapp qui adressent ces problèmes. Qu’est-ce qui vous a amené au bricolage ? Refereriez-vous la même décision rétroactivement dans 12 mois ?
Manuel Nilsson
Avec nos exigences en matière de protection des données, la question des fournisseurs ne se pose même pas. L’app Hanfapp a immédiatement eu une fuite, et en fin de compte cela montre une chose : on promet beaucoup, mais finalement les données se retrouvent sur le net. Cannanas n’avait pas de problème de fuite, mais les apps ne nous apportent vraiment rien. Nous sommes dans une situation particulière. Presque tout club vend du cannabis, nous ne le faisons pas. Tu viens, tu montres ta carte d’identité et ta carte de membre, tu signes et tu reçois ton verre. Cannanas n’a aucune fonction qui supporte l’attribution de travail pour les membres, et c’est clair pourquoi. Les CSC sont généralement des coffee-shops. C’est pourquoi nous construisons parallèlement notre propre app qui organise les membres dans les travaux. Quand et où avons-nous besoin de main-d’œuvre, qu’est-ce qui doit être fait, comment on arrose, comment on remplit les pots. Aucune des apps existantes ne peut le faire. Le referais-je de la même manière ? Oui, justement à cause de la protection des données et de la coordination du travail.
Hanf Magazin
Risques de codage à l’oreille. Le code généré par l’IA peut contenir des erreurs subtiles qui explosent lors d’une vérification fiscale. Que se passe-t-il si l’IA se trompe sur une liste de distribution et fournit un membre non autorisé ? Responsabilité du conseil ?
Manuel Nilsson
J’ai posé exactement cette question à l’autorité de délivrance : Comment cela se passe si une erreur se produit ? Il n’y avait pas de réponse sur si j’au moins une chance de voir où cela va mal, ou si le marteau arrive directement. C’est globalement mal géré. D’une part les CSC ne doivent clairement pas être commerciaux, de l’autre une exactitude méticuleuse est demandée. On ne doit vraiment pas s’étonner que peu de CSC osent la participation des membres. Je me souviens à peine d’un décompte qui a résisté à mon examen. Ce que nous faisons concrètement : des sauvegardes avant chaque requête, des feuilles de test avec des erreurs avant qu’une nouvelle fonction soit déployée pour les membres, une révision de code par moi-même et un déploiement progressif. Le code est relativement simple. Si quelque chose fonctionne sans problème, je laisse les membres tester la fonctionnalité. S’ils s’y habituent, l’objectif est atteint.
Manuel Nilsson illustre l’effet avec un exemple de la vie opérationnelle quotidienne :
Aujourd’hui, une dame de 50 ans qui ne sait pas utiliser l’ordinateur a utilisé Claude pour terminer de numériser les distributions. J’ai vérifié et tout était correct. Autrefois, cela lui prenait des heures, et aujourd’hui cela a pris des minutes. C’est vraiment dingue qu’une telle chose coûte 20 euros par personne.
Manuel Nilsson, président Lunte d’Alsdorf e.V.
En matière de protection des données, l’association se réfère à une architecture de privacy by design. Des contrats de traitement des données avec Anthropic n’existent pas selon l’état de la recherche pour l’accès Claude standard utilisé par l’association, c’est pourquoi l’architecture réduit le chemin des données vers l’IA à des contenus sans lien avec les personnes. La transférabilité complète à d’autres CSC dépend moins de la technologie que du modèle associatif selon l’avis du conseil. Celui qui n’assume pas la culture lui-même par les membres a de toute façon d’autres charges de back-office.
Aéroponique, Aachen, mise à l’échelle
L’association poursuit trois autres projets en parallèle. La culture passe à la phase de prototype avec le passage à l’aéroponique. Deux systèmes différents fonctionnent depuis mai 2026 avec la première génération de plantes, des données de rendement fiables en grammes par mètre carré ne sont pas encore disponibles. L’association prévoit que dès qu’une première série de cycles complète aura été évaluée, de documenter le modèle et le comparer à la culture en terre classique. Un suivi reporté avec les vrais chiffres est visé pour fin d’été.
Spatialement, l’association se développe vers Aachen. Un deuxième site est en préparation selon le conseil d’administration. Stratégiquement, cela sous-tend un modèle de mise à l’échelle qui diffère nettement des autres CSC. Le conseil d’administration construit des clubs, les met en service opérationnel puis les transfère à des membres sur place. L’objectif du conseil d’administration est selon lui d’abord cinq de ces transferts, après quoi l’effet devrait fonctionner de manière réticulaire. L’association ne poursuit pas un but lucratif au sens classique. Le levier monétaire se trouve selon le conseil d’administration dans les synergies entre plusieurs CSC ancrés localement.
Pendant que l’association moyenne de culture en Allemagne distribue entre six et douze euros par gramme à ses membres, la Lunte d’Alsdorf en distribue à peine sous les deux euros. Le haschisch est gratuit, la rosin est en préparation. Parallèlement, l’association poursuit le fisc en justice au tribunal fiscal contre l’assujettissement à la TVA pour les CSC, et tout son backend associatif fonctionne de manière automatisée via Claude, le système d’IA d’Anthropic. Trois histoires, une association, une interprétation très inhabituelle de ce qui est techniquement autorisé selon la KCanG. Manuel Nilsson, président de la Lunte d’Alsdorf e.V., a expliqué au Hanf Magazin dans un échange écrit sur plusieurs jours le calcul, le procès et le concept d’IA. Nous présentons les points centraux sous forme de reportage, entrelacés de l’interview verbatim.
Moins de 2 euros par gramme : comment un CSC casse les prix
Les membres de la Lunte d’Alsdorf e.V. versent une cotisation mensuelle de 99 euros bruts, soit une cotisation nette de 85 euros plus 19 % de TVA. En contrepartie, ils ont droit à jusqu’à 50 grammes de fleurs de cannabis par mois, selon la production. Le haschisch est distribué gratuitement aux membres ayant droit à la distribution, la rosin est en préparation selon le conseil d’administration. Mathématiquement, cela donne un prix au gramme oscillant entre 1,98 euro et, en cycles plus faibles, environ 3,50 euros. Les membres qui viennent chercher rarement paient proportionnellement plus, jusqu’à 40 euros par gramme dans certains cas.

Le conseil d’administration a publié son calcul complet des frais en mai 2026 sur Reddit et le fournit sur demande. Un cycle de culture de deux mois coûte à l’association environ 7 390 euros TTC, ventilés comme suit : semences (environ 540 euros pour 180 boutures), électricité (environ 3 000 euros), terre et engrais (environ 800 euros) ainsi que loyers pour la salle de culture et le point de distribution (environ 3 000 euros). Les consommables comme l’alcool de nettoyage ou les gants ne pèsent pratiquement pas, selon le conseil d’administration, les membres les apportent régulièrement eux-mêmes. Avec environ 70 membres cotisants et des cotisations brutes totalisant environ 14 000 euros pour deux mois, les coûts de production purs par gramme sont de l’ordre d’un euro. Le reste va aux réserves, à l’administration, au service de sécurité et aux assurances. Le conseil d’administration calcule qu’avec plus de 7 500 grammes par cycle, le prix par gramme peut descendre sous un euro, en cycles plus faibles il monte en conséquence.

Le conseil d’administration explique directement le mécanisme :
Hanf Magazin
Comment calculez-vous exactement votre cotisation ? Quel est le coût d’un gramme par membre et combien paie-t-il ?
Manuel Nilsson
J’ai calculé la cotisation de 99 euros avant la fondation du club comme suffisante pour 50 grammes par membre, à partir de 60 membres. Avant la fondation du club, je n’avais jamais touché une plante en pot de ma vie, j’ai donc dû faire une bonne estimation avec marge de sécurité. Strictement parlant, c’est 85 euros net puis 99 avec 19 %. Les coûts du cannabis lors d’une culture moyenne sont d’environ un euro par gramme. À mon avis, on ne peut pas représenter un vrai prix de revient comme cotisation. Une association doit se constituer une réserve, sinon un imprévu mène à l’insolvabilité ou à une cotisation exceptionnelle.
Hanf Magazin
Où êtes-vous réaliste comparé à la région DACH ?
Manuel Nilsson
En matière de prix, nous sommes ailleurs dans la région de Rhénanie du Nord-Westphalie pour les gros consommateurs, mais soyons justes. Le concept Lunte est à comprendre comme ma protestation contre les augmentations générales et constantes de prix. Le prix est 99 euros pour jusqu’à 50 grammes, et vous devriez aussi venir participer de temps à autre à la récolte ou à la distribution. Autant que je sache, la plupart des CSC sont plutôt des coffee-shops avec leur concept. Chacun ses préférences. Mais quand nous récoltons, 15 à 25 membres sont prêts. L’équipe de culture est composée de membres, la distribution et même une équipe d’ordre existe. Si tu le fais sans membres et que tu dois payer la main-d’œuvre, tu n’es pas à deux euros par gramme. Tu es plutôt à quatre ou cinq euros.
Comparée aux concurrents nommés par le conseil d’administration de l’association, la différence de prix est frappante. Le CSC Grünschnitt mentionne dans son règlement de cotisation environ 350 euros pour 50 grammes, soit environ 7 euros par gramme pour de grandes quantités. Cannabis Premium Club Aachen et Cannabis Social Club Aachen se situent selon les tarifs publiquement disponibles à environ 8 à 10 euros par gramme. CSC Ganderkesee, CSC Lighthouse Cologne et CSC Cottbus se situent entre 6,50 et 12 euros par gramme, avec échelons de rabais pour les grandes quantités. Les projets pilotes suisses demandent selon l’estimation du conseil d’administration 7 à 12 francs par gramme. Des données de comparaison fiables d’Espagne n’étaient pas disponibles à la date de recherche, c’est pourquoi l’affirmation de l’association se limite au marché allemand.
Que la Lunte d’Alsdorf puisse maintenir ce prix dépend d’une condition structurelle stricte. La culture, la distribution et l’équipe d’ordre sont entièrement assurées par des bénévoles. Celui qui achète la main-d’œuvre au lieu de l’organiser bénévolement arrive selon le calcul de l’association plutôt à 4 à 5 euros par gramme. Un droit d’adhésion unique de 495 euros couvre la mise en place et évite que l’association ne démarre sur crédit. Dans les statuts de l’association, un paragraphe d’autofinancement stipule que les cotisations sont automatiquement suspendues dès que les réserves de l’association sont remplies. Manuel Nilsson énonce une attente claire envers la branche :
Un CSC sans but lucratif. Quiconque a cultivé sait que les prix demandés dans la plupart des CSC ne représentent pas des coûts réels. Ce n’est certainement pas favorable pour le mouvement ici.
Manuel Nilsson, président Lunte d’Alsdorf e.V.
Le modèle a aussi une limite critique. Si la récolte échoue parce que des erreurs techniques surviennent, les membres doivent s’attendre à des prix au gramme plus élevés ou même à l’absence totale de cannabis. Cela s’est déjà produit plusieurs fois selon le conseil d’administration.
Le procès sur la TVA : pourquoi Lunte d’Alsdorf attaque l’administration fiscale
Parallèlement à la politique tarifaire, l’association poursuit une ligne juridique qui, selon le conseil d’administration, pourrait avoir des implications bien au-delà de sa propre situation. Au cœur se trouve un procès devant le tribunal fiscal, avec à terme une renvoi à la Cour de justice de l’Union européenne. L’objet du litige est la question de savoir si les associations de culture selon la KCanG peuvent être assujetties à la TVA. Ce n’est pas la première démarche juridique de la Lunte d’Alsdorf. Déjà en 2024, l’association a, selon elle, déposé un recours en inconstitutionnalité contre l’interdiction de la publicité de la KCanG, que la Cour constitutionnelle fédérale a rejetée.
Le contexte du procès actuel est une directive de la direction supérieure des finances qui, selon le conseil d’administration, classe toutes les cotisations des Cannabis Social Clubs comme des cotisations dites « fausses ». Faux signifie fiscalement qu’une cotisation est en vérité un prix d’achat dissimulé et est donc assujettie à la TVA. La Lunte d’Alsdorf affirme que ce classement généralisé n’est pas juridiquement tenable. D’autres associations caritatives, du club de tennis au jardin ouvrier, devraient être examinées avec égalité de traitement si on argumentait de manière cohérente. Les associations de cannabis sont à la place soumises à un traitement spécial que l’association considère juridiquement comme attaquable.
Au niveau européen, le procès s’appuie sur un précédent existant. Un coffee-shop néerlandais avait réussi il y a quelques années à contester l’assujettissement à la TVA sur la vente de cannabis, en arguant que les traités de Nice supposaient un commerce des marchandises légal et libre. Comme le commerce du cannabis n’est ni aux Pays-Bas ni en Allemagne légalisé au sens classique, mais seulement réglementé ou toléré, cette argumentation conclut que la base pour une TVA n’existe pas. Les CSC espagnols payaient la TVA selon le conseil d’administration surtout sur base volontaire, les études montrant que les associations sans paiement volontaire subissaient là plus fréquemment des descentes.

Nous avons demandé au conseil d’administration où en est la procédure et comment il évalue réaliste les perspectives de succès :
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Où en est le procès à la date de recherche ?
Manuel Nilsson
Nous attendons le rejet négatif contre notre recours. La demande au tribunal est prête et tout est déjà payé. Nous attendons patiemment depuis environ six mois. Entre-temps, une gentille lettre du fisc est arrivée nous demandant aimablement si nous voudrions retirer le procès. Nous ne le souhaitons pas. Cela ne peut pas aller assez vite pour moi.
Hanf Magazin
Comment vos avocats évaluent-ils la probabilité de succès ? Nous ne voulons pas le présenter comme David contre Goliath si les faits disent autre chose.
Manuel Nilsson
Juridiquement c’est clair, y compris avec précédent. Au niveau du droit international, donc aussi européen, la question est réglée. Le commerce du cannabis pour la consommation ne peut pas être assujetti à une TVA. Cela nécessite le commerce légal et libre des marchandises, et le commerce du cannabis n’a pas été légalisé. Mais avoir raison et obtenir raison sont deux choses différentes. Dans ce procès, il s’agit de rien de moins que de toutes les recettes de TVA de tous les CSC en Allemagne depuis la légalisation. C’est maintenant plus qu’une bagatelle. On quitte les sphères où il s’agit principalement de lois, et on entre dans celles où des sommes si élevées et une perte de face sont en jeu que la justice peut se mettre des œillères. Notre avocat et nous sommes en tout cas plus qu’impatients de voir comment le serpent essaiera de se sortir du piège.
Hanf Magazin
Que se passe-t-il pour vos membres si vous perdez et devez rembourser ?
Manuel Nilsson
Avec nos prix, la TVA ne joue aucun rôle décisif. Une association qui vend du cannabis dix euros par gramme a autant de TVA que tout notre prix. Même si nous perdons, il ne se passe pas vraiment quelque chose. Nous virions la TVA par prudence et marquons chaque transmission ELSTER en indiquant que nous sommes d’une autre opinion juridique. Si nous perdons, il s’agit seulement des frais de procédure, ce ne sera que quelques milliers d’euros. Si nous gagnons, la TVA est remboursée avec intérêts et une partie des frais d’avocat. C’est une question de principe. Je n’ai rien contre une taxe sur le cannabis, ce serait légal et juste. Contre une directive qui viole la loi en vigueur au détriment de nos membres, si.
Si l’association gagnait, selon ses calculs, toutes les recettes de TVA de tous les Cannabis Social Clubs allemands depuis le 1er avril 2024 seraient remboursables. Le procès ne se limite donc pas au budget de l’association elle-même, mais aurait un effet à l’échelle de la branche. Trois scénarios sont esquissés publiquement par le conseil d’administration. Dans le premier cas, l’association gagne, le législateur réagit par une nouvelle réglementation du commerce du cannabis et permet ainsi à terme des magasins spécialisés. Dans le deuxième, l’association gagne, l’État introduit sa propre taxe sur le cannabis, ce que l’association accepterait juridiquement. Dans le troisième cas, l’association perd, tout reste comme avant, les frais de procédure sont estimés par le conseil d’administration à quelques milliers d’euros.
Manuel Nilsson justifie sa persévérance par une position politique qu’il énonce ouvertement :
Les consommateurs de cannabis ont subi assez de discriminations. Plus qu’assez. Ce n’est pas possible que cela continue sans honte. C’est catégoriquement exclu que je regarde passivement tandis qu’on fait du tort à mes membres. Peu importe si c’est l’autorité de délivrance, la police municipale, le service d’urbanisme, l’administration fiscale ou l’État.
Manuel Nilsson, président Lunte d’Alsdorf e.V.
Claude en arrière-plan : 20 euros par personne au lieu de plusieurs heures de travail bénévole
Le troisième pilier inhabuel de la Lunte d’Alsdorf ne se situe ni en droit ni en prix, mais dans l’automatisation du back-office. Selon le conseil d’administration, l’association fonctionne opérationnellement via le système d’IA Claude d’Anthropic, intégré dans une pile Microsoft 365 OneDrive avec protection des données conforme au RGPD. Manuel Nilsson chiffre les coûts à environ 20 euros par personne et par mois pour les membres du conseil qui utilisent activement le système.
Le domaine des tâches comprend selon la liste du conseil d’administration quatre domaines principaux. Premièrement, la comptabilité, y compris la correction de TVA. Deuxièmement, la gestion des comptes personnels, c’est-à-dire les soldes par membre, alimentés par les cotisations importées. Troisièmement, la création de la liste de distribution qui doit documenter selon KCanG quel membre a retiré quand combien de cannabis. Quatrièmement, la numérisation mobile des reçus, où les membres du conseil photographient les tickets de caisse en déplacement et le système classe automatiquement les reçus dans le flux de comptabilité. Les compétences ont été construites par Manuel lui-même, sans expérience de programmation.

À propos de ce qui est exactement automatisé, comment l’association limite les hallucinations et pourquoi pas une solution logicielle sectorielle prête à l’emploi, le conseil d’administration répond en détail :
Hanf Magazin
Qu’avez-vous automatisé exactement, qu’avez-vous non ? Soyez concrets.
Manuel Nilsson
J’ai développé les compétences avec Claude, sans pouvoir programmer moi-même. Nous avons deux types de compétences : déterministes et agents. Déterministe est tout ce qui existe sous forme de petit programme Python. L’import de CSV du relevé de compte, le comptabilisation des cotisations dans les comptes personnels, la création et la suppression de membres. Agents est tout ce que l’IA doit décider elle-même. Les reçus sont jetés en photo dans le chat, Claude reconnaît la somme et la date, cherche la ligne correspondante dans la comptabilité et crée un lien hypertexte. La personne doit confirmer que c’est correct. Si l’IA hallucine une ligne, on le voit tout de suite parce que deux numéros de membres ou deux montants ne correspondent pas. C’est toujours en tandem avec l’homme.
Hanf Magazin
Comment évitez-vous les hallucinations en comptabilité ? Une TVA mal calculée peut devenir une bombe fiscal.
Manuel Nilsson
Les hallucinations ne semblent plus si dangereuses quand on a essayé pendant un demi-an de faire exactement cela avec des membres qui n’ont aucune idée d’Excel ou de comptabilité. Si tu le laisses faire par des membres, il y a toujours des signes faux, des comptabilisations oubliées et des erreurs de saisie. Au final, on ne peut pas exclure les hallucinations, mais on peut les anticiper. La réponse est Human-in-the-Loop, des sauvegardes, même des sauvegardes auxquelles l’IA n’a pas accès, pour que l’homme puisse bien vérifier, laisser l’IA se vérifier elle-même et du code prêt là où du code prêt peut être utilisé. Ce dernier point est pratiquement toujours le cas dans notre comptabilité. Si je donne simplement à Claude un CSV et dis « mets-moi ça dans l’Excel de comptabilité », alors il peut deviner partout. À la place, je le laisse écrire un script Python qui a exactement cette fonction : colonne X du fichier dans colonne Y. Au lieu de 70 comptabilisations qui peuvent échouer individuellement, maintenant seule l’absence de lancement du script peut échouer. On voit très facilement ce dernier. Soit le mois est là, soit il ne l’est pas. Dans notre utilisation d’IA, il n’est pas prévu qu’elle agisse sans contrôle et sans l’homme.
Hanf Magazin
Protection des données : Comment résolvez-vous le RGPD si vous n’avez pas de contrat de traitement des données avec Anthropic ?
Manuel Nilsson
Nous avons deux points de confiance : Microsoft et Strato. Claude n’est pas un point de confiance parce que j’ai fait ce qu’une personne sensée fait quand on rencontre le RGPD : partir, si possible. Privacy by design. Claude a affaire aux numéros de membres et non aux noms. Claude n’a pas accès à tout, il a son domaine, il peut y accéder, mais seules trois personnes ont accès à la liste des membres. En bref : import CSV par programme, comptabilité sans noms mais avec numéros de membres, les comptes personnels n’ont pas non plus de vrais noms. Si nous voulons imprimer la liste de distribution, nous devons d’abord ouvrir notre propre programme qui interroge le compte personnel et produit les noms. Jusqu’à présent, je n’ai trouvé aucun moyen de le contourner. Nous utilisons réellement Claude privé, chacun pour soi. Enterprise me semble trop cher pour notre cas d’usage. OneDrive est commercial et conforme au RGPD, c’est Microsoft 365 Business Standard.
Hanf Magazin
Question des fournisseurs. Il y a des fournisseurs prêts comme Cannanas ou Hanfapp qui adressent ces problèmes. Qu’est-ce qui vous a amené au bricolage ? Refereriez-vous la même décision rétroactivement dans 12 mois ?
Manuel Nilsson
Avec nos exigences en matière de protection des données, la question des fournisseurs ne se pose même pas. L’app Hanfapp a immédiatement eu une fuite, et en fin de compte cela montre une chose : on promet beaucoup, mais finalement les données se retrouvent sur le net. Cannanas n’avait pas de problème de fuite, mais les apps ne nous apportent vraiment rien. Nous sommes dans une situation particulière. Presque tout club vend du cannabis, nous ne le faisons pas. Tu viens, tu montres ta carte d’identité et ta carte de membre, tu signes et tu reçois ton verre. Cannanas n’a aucune fonction qui supporte l’attribution de travail pour les membres, et c’est clair pourquoi. Les CSC sont généralement des coffee-shops. C’est pourquoi nous construisons parallèlement notre propre app qui organise les membres dans les travaux. Quand et où avons-nous besoin de main-d’œuvre, qu’est-ce qui doit être fait, comment on arrose, comment on remplit les pots. Aucune des apps existantes ne peut le faire. Le referais-je de la même manière ? Oui, justement à cause de la protection des données et de la coordination du travail.
Hanf Magazin
Risques de codage à l’oreille. Le code généré par l’IA peut contenir des erreurs subtiles qui explosent lors d’une vérification fiscale. Que se passe-t-il si l’IA se trompe sur une liste de distribution et fournit un membre non autorisé ? Responsabilité du conseil ?
Manuel Nilsson
J’ai posé exactement cette question à l’autorité de délivrance : Comment cela se passe si une erreur se produit ? Il n’y avait pas de réponse sur si j’au moins une chance de voir où cela va mal, ou si le marteau arrive directement. C’est globalement mal géré. D’une part les CSC ne doivent clairement pas être commerciaux, de l’autre une exactitude méticuleuse est demandée. On ne doit vraiment pas s’étonner que peu de CSC osent la participation des membres. Je me souviens à peine d’un décompte qui a résisté à mon examen. Ce que nous faisons concrètement : des sauvegardes avant chaque requête, des feuilles de test avec des erreurs avant qu’une nouvelle fonction soit déployée pour les membres, une révision de code par moi-même et un déploiement progressif. Le code est relativement simple. Si quelque chose fonctionne sans problème, je laisse les membres tester la fonctionnalité. S’ils s’y habituent, l’objectif est atteint.
Manuel Nilsson illustre l’effet avec un exemple de la vie opérationnelle quotidienne :
Aujourd’hui, une dame de 50 ans qui ne sait pas utiliser l’ordinateur a utilisé Claude pour terminer de numériser les distributions. J’ai vérifié et tout était correct. Autrefois, cela lui prenait des heures, et aujourd’hui cela a pris des minutes. C’est vraiment dingue qu’une telle chose coûte 20 euros par personne.
Manuel Nilsson, président Lunte d’Alsdorf e.V.
En matière de protection des données, l’association se réfère à une architecture de privacy by design. Des contrats de traitement des données avec Anthropic n’existent pas selon l’état de la recherche pour l’accès Claude standard utilisé par l’association, c’est pourquoi l’architecture réduit le chemin des données vers l’IA à des contenus sans lien avec les personnes. La transférabilité complète à d’autres CSC dépend moins de la technologie que du modèle associatif selon l’avis du conseil. Celui qui n’assume pas la culture lui-même par les membres a de toute façon d’autres charges de back-office.
Aéroponique, Aachen, mise à l’échelle
L’association poursuit trois autres projets en parallèle. La culture passe à la phase de prototype avec le passage à l’aéroponique. Deux systèmes différents fonctionnent depuis mai 2026 avec la première génération de plantes, des données de rendement fiables en grammes par mètre carré ne sont pas encore disponibles. L’association prévoit que dès qu’une première série de cycles complète aura été évaluée, de documenter le modèle et le comparer à la culture en terre classique. Un suivi reporté avec les vrais chiffres est visé pour fin d’été.
Spatialement, l’association se développe vers Aachen. Un deuxième site est en préparation selon le conseil d’administration. Stratégiquement, cela sous-tend un modèle de mise à l’échelle qui diffère nettement des autres CSC. Le conseil d’administration construit des clubs, les met en service opérationnel puis les transfère à des membres sur place. L’objectif du conseil d’administration est selon lui d’abord cinq de ces transferts, après quoi l’effet devrait fonctionner de manière réticulaire. L’association ne poursuit pas un but lucratif au sens classique. Le levier monétaire se trouve selon le conseil d’administration dans les synergies entre plusieurs CSC ancrés localement.





































