Daily Light Integral, ou DLI, est le paramètre le plus important pour l’éclairage du cannabis et paradoxalement le moins présent dans les guides de culture français. Comprendre le DLI, c’est arrêter de penser en watts pour commencer à compter en photons. Une grandeur décisive qui détermine si votre plante atteindra son potentiel génétique de rendement.
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Qu’est-ce que le DLI ?
DLI signifie Daily Light Integral et décrit la quantité totale de photons photosynthétiquement actifs frappant la plante par mètre carré en 24 heures. Unité : mol/m²/jour. Calcul : PPFD (μmol/m²/s) multiplié par la durée quotidienne d’éclairage en heures, multiplié par le facteur 0,0036.
Autrement dit : le PPFD décrit l’intensité lumineuse à un instant donné. Le DLI additionne cette intensité sur toute la journée. C’est précisément cette somme qui détermine la croissance, pas le pic instantané. Une plante qui pousse 18 heures à 500 PPFD reçoit un DLI de 32,4 mol. Une plante à 800 PPFD pendant 12 heures reçoit 34,5 mol, pratiquement identique, bien que la seconde ait des lampes plus puissantes.
Les valeurs de DLI pour le cannabis
Eaves et al. (2020) ont examiné systématiquement comment le rendement et la qualité dépendent du DLI en production de cannabis commerciale. Les recommandations qui en résultent :
- Boutures et semis : 5 à 15 mol/m²/jour. Les jeunes plantes brûlent facilement, de faibles intensités lumineuses suffisent.
- Phase végétative : 20 à 35 mol/m²/jour. Croissance rapide de la biomasse, une quantité de lumière plus élevée se traduit par une croissance plus vigoureuse.
- Début de floraison : 35 à 50 mol/m²/jour. Initiation florale et croissance progressent en parallèle, une lumière plus intense maximise la formation des fleurs.
- Fin de floraison : 45 à 65 mol/m²/jour. Rendement maximal, mais uniquement avec suffisamment de CO₂ et un contrôle climatique adéquat. Au-delà de 65 mol, un blanchissement lumineux apparaît.
Pourquoi « assez de watts » ne suffit pas
Les watts indiquent seulement la consommation électrique de la lampe, non la lumière qui atteint réellement la plante. Une LED de 600 W peut générer entre 1 000 et 1 700 PPFD sur une surface de culture d’un mètre carré selon l’efficacité, le spectre et les caractéristiques de rayonnement. Pour la plante, seuls les photons qui arrivent comptent, mesurés avec un capteur quantum PAR.
Sans capteur, vous pouvez vous fier aux spécifications du fabricant. Les fabricants de LED sérieux fournissent des cartes PPFD montrant les valeurs obtenues à différentes hauteurs de suspension. Avec cette information et votre durée d’éclairage, vous pouvez déterminer immédiatement le DLI avec notre calculateur DLI.
Conséquences des écarts
DLI trop faible : la plante s’étire (l’espacement internodal augmente), la photosynthèse fonctionne sous son potentiel. Les fleurs restent fluffy, les rendements baissent. Classiquement avec des lampes trop faibles ou une distance trop grande.
DLI trop élevé : au-delà de 65 mol/m²/jour en floraison, un blanchissement lumineux apparaît, les fleurs deviennent blanches et de qualité inférieure. Le stress thermique augmente aussi. L’enrichissement en CO₂ peut déplacer la valeur maximale utilisable vers le haut (jusqu’à environ 80 mol avec 1 200 ppm de CO₂), mais uniquement avec un équipement professionnel.
Choisir correctement la photopériode
En phase végétative, plus d’heures de lumière signifie plus de DLI, d’où 18 ou même 20 heures d’éclairage. En floraison, la photopériode 12/12 nécessaire à la formation des fleurs force à concentrer autant de lumière que possible sur la plante en 12 heures. Ici, le PPFD devient déterminant : 600 à 1 000 μmol/m²/s sur la période complète.
Questions fréquentes
Comment mesurer le PPFD sans capteur professionnel ?
Les capteurs quantum comme l’Apogee MQ-500 sont la référence, mais coûtent 400 EUR et plus. Les applications pour smartphone utilisant le capteur de lumière sont imprécises (généralement ± 30 %), mais suffisent pour les tendances. Vous pouvez aussi utiliser les spécifications de la lampe du fabricant.
Quel lien entre DLI et YPF/PAR ?
YPF (Yield Photon Flux) pondère les photons selon leur effet sur la photosynthèse, PPFD les compte indépendamment du spectre. Pour les LED full-spectrum modernes, la différence est mineure ; les anciennes lampes HPS sont légèrement surévaluées dans une simple mesure PPFD.
L’enrichissement en CO₂ vaut-il la peine pour des DLI plus élevés ?
Pour les cultivateurs amateurs généralement non, car l’équipement est coûteux et les espaces souvent non étanches. Pour les installations commerciales avec des valeurs de DLI supérieures à 50 mol, l’enrichissement en CO₂ peut augmenter le rendement de 15 à 25 % supplémentaires.
Un DLI plus élevé affecte-t-il la teneur en THC ?
Eaves et al. (2020) montrent que des valeurs de DLI plus élevées conduisent à des rendements absolus plus élevés, mais la teneur relative en THC des fleurs change peu. Plus de lumière signifie donc : plus de fleurs, pas plus fortes.
Sources scientifiques : Faust JE & Logan J (2018) sur la méthodologie du DLI · Eaves J et al. (2020) sur la relation rendement-quantité de lumière du cannabis · Chandra S et al. (2017) sur les méthodes de culture.












































